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Burkina Faso : situation critique pour des familles affectées par les pénuries alimentaires

Publié: 22 février 2013 15:00 CET

Sanna Negus, Croix-Rouge finlandaise

Dans le nord du Burkina Faso, des femmes s’assemblent avec leurs enfants au milieu d’une plaine sablonneuse et forment la queue pour une distribution de nourriture. Lorsqu’ils arrivent en tête de file, les enfants reçoivent une portion de porridge. Ce mets peu coûteux est souvent tout ce qui sépare ces familles de la malnutrition chronique.

Au début de 2012, la crise alimentaire dans le Sahel – une région qui s’étend à travers le nord de l’Afrique entre l’Océan Atlantique et la Mer Rouge – a frappé des populations affichant déjà des taux élevés de malnutrition. Les dernières récoltes avaient été médiocres à cause du manque de pluie – et c’était la troisième fois en dix ans que cela se produisait. Avec la pauvreté, la hausse des prix des denrées de base et l’instabilité politique, de nombreuses communautés se sont trouvées dans l’incapacité de surmonter cette crise.

En avril, plus de 18 millions de personnes étaient selon les Nations unies confrontées à l’insécurité alimentaire, en particulier au Sénégal, au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie, en Gambie, au Niger et au Tchad.

Marie-Christine Cormier, déléguée de la Croix-Rouge de Belgique au Burkina Faso, souligne le lien étroit qui unit insécurité alimentaire et malnutrition. «Les familles vulnérables qui ne peuvent pas acheter de nourriture ou qui font de mauvaises récoltes n’arrivent pas à s’alimenter correctement», explique-t-elle. «Dans de telles conditions, les enfants de moins de cinq ans risquent fort de souffrir de malnutrition.»

Minadawo Darawos était désespérée. Son bébé ne cessait de pleurer – de faim, pensait-elle; il était constamment malade et souffrait manifestement.

«J’ai amené mon enfant au centre où on m’a dit qu’il souffrait de malnutrition», raconte-t-elle. « J’étais vraiment désespérée quand mon bébé est tombé malade. Mais, dès qu’elle a reçu des soins, j’ai su qu’elle survivrait.»

Afin de décharger les dispensaires de santé, la Croix-Rouge Burkina Be a mis en place des comités communautaires qui effectuent des diagnostics nutritionnels et conseillent les mères sur la meilleure façon d’utiliser les ressources disponibles. Ces centres assurent aussi le suivi des cas de malnutrition confirmés.

Wodrawo Sanata, mère de neuf enfants, explique que les conseils et le soutien reçus au centre communautaire ont changé beaucoup de choses pour sa famille. «Avant, déclare-t-elle, nous arrivions à nous nourrir convenablement, mais, avec la crise alimentaire actuelle, c’est devenu très difficile de subvenir aux besoins d’une famille nombreuse. Heureusement, grâce à l’éducation nutritionnelle, j’arrive encore à m’en sortir. A présent, je sais comment il faut nourrir la petite. Mes autres enfants sont plus résistants.»

D’après l’indice du développement humain des Nations unies, le Burkina Faso est un des dix pays les plus pauvres de la planète. L’espérance de vie n’y dépasse pas 52 ans, près d’un tiers des enfants de moins de cinq ans souffre de malnutrition chronique et un dixième de malnutrition aiguë.

Avec l’appui du département de l’aide humanitaire et de la protection civile (ECHO) de la Commission européenne, la Croix-Rouge de Belgique travaille depuis 2007 au côté de la Croix-Rouge Burkina Be afin d’assister près de 62 000 personnes affectées par cette crise récurrente. Le programme a permis d’aider les habitants de 210 villages isolés dans les neuf provinces les plus durement touchées. Au sein de ces communautés, 25% des enfants et 30% des femmes enceintes souffraient de malnutrition aiguë.

Au cours des dernières années, les taux de malnutrition parmi les enfants et les femmes enceintes et allaitantes bénéficiant du projet a baissé de manière spectaculaire. Afin de garantir la durabilité de l’initiative, plus de 1200 volontaires communautaires ont été formés pour reprendre le flambeau de la lutte contre cette catastrophe silencieuse.




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