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Cameroun : sept mois après sa réapparition, le choléra continue de faire des victimes

Publié: 29 juillet 2011 9:00 CET

Par Moustapha Diallo, Chargé de Communication FICR

A Wobia, dans un petit village de pêcheurs, au sud-ouest du Cameroun, quelques volontaires de la Croix-Rouge Camerounaise apprennent aux enfants comment se prémunir du choléra. En quelques semaines, cette maladie a endeuillé plusieurs familles dans cette localité nichée dans une anse donnant sur la baie de Limbé. En dépit des actions de la Croix-Rouge, la menace est toujours présente.

Une menace mortelle qui a déjà fait quelque 381 morts et près de 11 000 personnes infectées à travers le pays, depuis le début de l’année, selon le ministère de la santé.

Une maladie endémique

Déclaré en mai 2010 au nord du Cameroun, le choléra a par la suite connu une courte accalmie avant de réapparaître en janvier 2011. Depuis lors, il s’est propagé à un rythme vertigineux touchant les neuf régions sur les dix que compte le pays.

A l’hôpital du district de Limbé,  quelque huit malades sont hospitalisés, en moyenne par jour. Ils reçoivent des perfusions depuis leur arrivée dans la structure sanitaire. La plupart de ces malades étaient déjà dans un stade de déshydratation avancé.

« Il y a une semaine, c’était vraiment le rush. On recevait des dizaines de malades par jour » explique Innocent Meboka, un volontaire de la Croix-Rouge Camerounaise, déployé à l’hôpital.

L’expansion du choléra et sa résistance sont facilitées par les conditions d’extrême précarité dans lesquelles vivent les populations dans toutes les zones touchées du pays. La plupart n’ont pas accès à l’eau potable et l’assainissement est insuffisant. A cela, s’ajoutent des problèmes culturels comme à Wobia où les maisons n’ont pas de latrines, obligeant les habitants à déféquer sur la baie. Une pratique qui favorise la transmission du virus.

La contribution de la Croix-Rouge

Avec le soutien de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), la Croix-Rouge Camerounaise, renforce son dispositif de réponse contre l’épidémie de choléra.

Sur le terrain, plus de 300 volontaires, s’emploient à endiguer la maladie à travers l’organisation d’activités de sensibilisation sur les bonnes pratiques d’hygiène et l’assainissement dans toutes les régions touchées. Certains d’entre eux sont déployés au niveau des centres de santé. Ils soutiennent le personnel médical, nettoient les lieux, accueillent les malades, et identifient leurs habitations afin d’y organiser des activités de désinfection pour stopper la propagation de l’épidémie.

« En dépit de nos efforts, l’épidémie n’est toujours pas éradiquée, même si par ailleurs, nous avons constaté une baisse du nombre de cas rencensés par semaine dans nos zones d’intervention » estime Dr Christine Hwang, déléguée santé au Bureau Régional de la FICR à Yaoundé, déployée par la Croix-Rouge Canadienne

Une aide insuffisante

Le 04 avril dernier, la FICR avait lancé un appel d’urgence d’un peu plus de 1,2 millions de francs suisses pour aider la Croix-Rouge camerounaise à mettre en place un plan de riposte contre l’épidémie du choléra. Elle avait dans la même foulée débloqué 150,000 francs suisses pour démarrer les opérations mais des soutiens financiers sont nécessaires pour poursuivre le travail.

« Moins de 10% des fonds sollicités ont été reçus à ce jour alors que le choléra continue de faire des victimes dans le pays » explique Denis Duffaut, Représentant Régional de la FICR pour l’Afrique Centrale « Nous réitérons notre appel pour faire face non seulement à l’urgence mais également à anticiper sur les facteurs qui favorisent cette épidémie »

Au Cameroun, de nombreuses communautés n’ont pas accès à l'eau potable, ni à un assainissement approprié, ce qui augmente leur vulnérabilité face à cette maladie. Les pluies qui s’abattent actuellement sur le pays apportent également un risque accru à la propagation du virus dans certaines localités. Des fonds urgents sont nécessaires pour stopper son expansion.


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