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Cap-Vert : survivre à la fièvre de dengue

Publié: 17 novembre 2009 0:00 CET

Moustapha Diallo, IFRC communications officer in Praia, Cape Verde

A première vue, les habitants de Praia, la capitale du Cap-vert, semblent sereins et imperturbables. Il suffit toutefois d’évoquer avec eux la fièvre de dengue pour se rendre compte que derrière cette sérénité apparente, se cache une panique générale.

« Qu’ils le disent ou non, les gens ont tous peur d’attraper la fièvre de dengue. Cela est compréhensible car pour la quasi-totalité d’entre eux, c’est une maladie qu’ils ne connaissaient pas auparavant » confie Tatiana Alfama, volontaire à la Croix-Rouge du Cap-Vert et Coordinatrice du Département des secours.

La Fièvre de dengue a fait son apparition pour la première fois dans l’archipel du Cap-Vert, à la fin du mois de septembre et s’est s’aggravée au début du mois de novembre. Dans l’île de Santiago qui abrite la capitale Praia, les hôpitaux sont assaillis par les malades, poussant les autorités à aménager des tentes pour pouvoir faire face à cette affluence inédite. Au 13 novembre 2009, on dénombrait quelque 14 376 cas, six décès et 109 cas de fièvre hémorragique, la forme la plus grave de la maladie.

La mobilisation nationale, un rempart contre la dengue

Sur le terrain, la lutte contre la dengue est une priorité nationale. Et dans les grandes offensives menées sur l’ensemble du pays, la Croix-Rouge du Cap-Vert, avec l’appui de la Fédération internationale, joue un rôle très actif aux côtés du Ministère de la Santé et de ses partenaires.

Des centaines de volontaires sont mobilisés et s’emploient à juguler la maladie à travers la diffusion de messages de prévention et l’organisation de campagnes de nettoyage.

Tatiana fait partie de ces volontaires. Pour elle, la participation de la population dans les campagnes de nettoyage est indispensable pour endiguer l’épidémie.

« Il y a eu une mobilisation exceptionnelle la semaine dernière dans l’île de Santiago contre la fièvre de dengue. Les populations sont sorties massivement pour nous accompagner dans le ramassage des ordures, le nettoyage et la destruction des sites favorables à l’éclosion et au développement des moustiques vecteurs de la maladie » indique-t-elle.

Des efforts soutenus par des opérations nationales de désinfection des lieux publics comme les hôpitaux.

L’engouement des populations noté dans cette grande campagne à Praia a motivé le gouvernement à renouveller l’expérience à Maio qui fait partie des quatre îles touchées par la dengue. Plusieurs volontaires, dont Tatiana ont participé à la campagne.

« La participation des populations découle d’un reflexe de survie car chaque personne a au moins un membre de sa famille, un ami ou une connaissance qui a attrapé la fièvre » explique-t-elle.

Une collaboration renforcée avec les structures sanitaires

A l’hôpital principal de Praia qui accueille des centaines de malades au quotidien, des volontaires sont mobilisés pour appuyer les agents de santé. Tatiana est chargée d’établir chaque jour la liste des personnes qui doivent assurer cet appui.

« Les volontaires accueillent les malades, les orientent, les soutiennent psychologiquement, les transportent vers d’autres services à la demande des agents de santé et établissent les fiches de maladie. Ils servent aussi d’interface entre les malades et les familles restées en dehors de l’hôpital» explique Tatiana.

«Les volontaires de la Croix-Rouge font un travail très important. La collaboration se passe très bien et sans eux, il nous serait très difficile de gérer cette affluence de patients » explique Dr Freire du Service d’urgence de l’hôpital principal de Praia.

Soutien

La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a débloqué 153 900 francs suisses (152 100 dollars US, 101 800 Euro) de son Fonds d’urgence de réponse aux catastrophes afin d’aider la Croix-Rouge du Cap-Vert à intensifier la lutte contre la fièvre de dengue.




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