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Dépérir dans les camps, dans l'espoir que la paix revienne en République Centrafricaine

Publié: 27 juin 2014 10:19 CET

Nelly Muluka, la FICR

Des mois de guerre civile en République centrafricaine ont laissé de nombreuses cicatrices sur ceux qui ont été pris dans la spirale de ce conflit. Ceux qui gagnaient leur pain se sont retrouvés en l’espace d’une nuit dans une situation de dépendance ; beaucoup parlent de la torture émotionnelle et d’un sentiment de désespoir qu'ils endurent vu que les jours se transforment en mois et qu’il n'y a aucun signe  d’espoir  d’être en mesure de rentrer bientôt chez eux.

Martin Ongola est un enseignant de 62 ans qui vit maintenant dans un camp pour personnes déplacées à Bangui, avec ses filles mariées et leurs enfants. Ongola, et de nombreux autres professionnels comme lui, sont frustrés, en train de dépérir dans les camps,  vu que tous les espoirs de l'utilisation de leurs compétences professionnelles demeurent un rêve à cause de la violence et de l'insécurité permanentes.

"En ma qualité d’enseignant professionnel, avant la violence, je travaillais et je nourrissais ma famille, mais avec la violence persistante, les attaques et contre-attaques, couplées à l'insécurité, je ne sais plus ce que je vais devenir. Je ne peux rien  planifier pour l'avenir ", dit Ongola. «J'ai perdu ma dignité et je me sens tellement impuissant. Voir toute ma famille ici et en sachant que je ne peux pas leur apporter mon assistance m’affecte beaucoup et me ruine. Même si je décide de rentrer pour continuer ma carrière,  où irais-je et à qui pourrais-je enseigner? Mes élèves ont été déplacés, l'école a été vandalisée, et ma maison a été pillée. "

De nombreux professionnels, jeunes pour la plupart, se trouvent dans la même situation. «Regardez ces jeunes qui végètent ici. Ils pourraient faire quelque chose de mieux pour eux et leurs familles, mais leurs entreprises ont été pillées et tout ce qu'ils font est de s'asseoir ici sans aucun espoir d’un meilleur lendemain », ajoute Ongola.

Plaidoyer pour l'assistance  

La poursuite des combats a fait plus de 578 000 personnes sans abri en République centrafricaine. Près d'un tiers de ces personnes s’entassent maintenant dans 42 camps de personnes déplacées à Bangui. Des centaines de milliers d'autres ont fui vers les pays voisins.

"Nous avons besoin de l'aide, avec une garantie de la sécurité et le vrai pardon, afin que nous puissions recommencer à vivre. Quelqu'un doit nous donner l'espoir et nous apprendre à nous pardonner et à pardonner aux autres ", dit Ongola, ajoutant que les compétences non utilisées sont vouées à une mort certaine.

Au milieu de cette situation, les bénévoles et le personnel de la Société nationale de la Croix-Rouge centrafricaine continuent de soutenir les familles touchées, en leur fournissant  des soins de santé d'urgence, de l'eau, de l'hygiène et de l'assainissement. Mais les besoins sont énormes et plus d’assistance s’avère nécessaire.

La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a lancé un appel d'urgence de 1.136.640 francs suisses pour permettre à la Société Nationale de la Croix-Rouge centrafricaine de fournir une partie de cette aide à au moins 50.000 personnes. L'appel est actuellement couvert  à  58 pour cent.

« Quand bien même il y a un calme relatif, la Société nationale est  toujours sollicitée presque quotidiennement ou par semaine pour ramasser des  corps ou pour transférer les personnes blessées à l'hôpital», explique Antoine Mbao Bogo, Président de la Croix-Rouge Centrafricaine.

Les principaux défis pour les personnes les plus touchées par l'insécurité croissante comprennent les logements inadéquats et l'assainissement, l'accès limité aux services de santé et à l’eau potable, une alimentation insuffisante, et le pouvoir d'achat inexistant.




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