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Désire de rentrer à la maison entravé par le conflit en cours en République centrafricaine

Publié: 25 février 2015 10:01 CET

Par Nelly Muluka, FICR

Le conflit en République centrafricaine a fait des milliers de victimes et détruit les moyens de subsistance de centaines de familles avec des maisons et des commerces se trouvant aujourd'hui en ruines, ainsi que d'autres infrastructures publiques et privées. Des centaines d'agriculteurs sont également sans défense, n'étant pas en mesure de s'occuper de leurs fermes, malgré l'augmentation des problèmes de sécurité alimentaire dans le pays.

L'année dernière, des centaines de milliers de familles laissées sans abri par la violence persistante se sont réfugiées dans l'un des nombreux camps qui forment maintenant les quartiers de la capitale Bangui. Elle a été une année très difficile avec peu d'accès à la nourriture, à l'eau potable, à l'éducation et aux soins de santé. Beaucoup veulent rentrer chez eux ; cependant, la persistance de l'insécurité, et un sentiment de désespoir les gardent fermement enracinés où ils sont.

« Je vis dans ce camp depuis l'année dernière et mon plus grand souhait est de retourner à la maison. Mais où devons-nous aller, pour y trouver quoi ? » s'interroge Debato, une personne déplacée (PDI) qui joue le rôle de chef dans un camp de PDI à Bangui. « Nos maisons ont été détruites, tout comme nos moyens de subsistance ; cependant, nous ne pouvons pas vivre dans le camp pour toujours. Nous devons retrouver une vie normale ; seulement, il y a beaucoup de personnes là dehors avec des armes et c'est un risque pour nous et nos enfants. Nous avons fui la mort et nous ne sommes pas prêts à retourner dans le même pétrin, » ajoute-t-il.

Harun, 62 ans et partiellement aveugle, est aussi soucieux de recoller les morceaux de sa vie. Mais, tout comme Debato, il n'a nulle part où aller et personne pour l'accueillir.

« Je suis ici depuis des mois. J'aimerai bien revenir à mes femmes et mes enfants, mais où sont-ils ? J'ai été informé qu'ils seraient allés au Tchad, mais je n'en suis même pas sûr, » déclare Harun, dont la famille a tout perdu dans le conflit.

C'est la même histoire qui se répète plusieurs fois en allant d'un camp à l'autre. « Je suis venu ici à titre temporaire, mais les jours se sont transformés en mois, » déclare Reine, mère de trois enfants. « Les enfants demandent à retourner à la maison. J'aimerai bien les ramener à la maison, mais il n'y a plus de maison - notre maison a été détruite et tout a été pillé. »

Hors de Bangui, la Société nationale de la Croix-Rouge a constaté un retour à un calme relatif ; des familles de réfugiés rentrant lentement vers leur pays d'origine.  « Nous sommes heureux que certains réfugiés commencent à retourner dans certaines parties du pays. Cependant, les besoins des rapatriés du Tchad et du Cameroun restent immenses, tout comme ceux des familles qui ont été déplacées à l'intérieur. Après avoir vécu pendant de nombreux mois à l'intérieur des camps, et après avoir tout perdu, ils ont besoin d'être soutenus pour redémarrer leurs vies », explique Antoine Mbao Bogo, président de la Société nationale de la Croix-Rouge centrafricaine, ajoutant que la violence actuelle a eu plus d'impact sur les moyens de subsistance que par rapport à la violence passée, où les maisons, les fermes et les commerces n'étaient pas aussi endommagés comme c'est le cas actuellement.

La reconstruction ne sera pas une tâche aisée. La violence continue et les bénévoles de la Croix-Rouge, chargés de fournir une assistance à 150 000 personnes dans 23 des régions les plus touchées, sont souvent entravés dans leur travail. Un appel d'urgence, lancé par la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a été révisé à la hausse à 10 millions de francs suisses. 




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