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Le sort incertain de réfugiés fuyant les violences en République Centrafricaine

Publié: 5 février 2014 23:01 CET

Mirabelle Enaka Kima , la FICR

Des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants,  entassés dans des camions de transport de marchandises et couverts de poussière,  arrivent à l’Est  du Cameroun, fuyant  la violence  qui  a semé la terreur en  République Centrafricaine (RCA) depuis Décembre.

Chassées de leurs villages et privées de tous leurs biens, ces familles arrivent au Cameroun avec des vêtements  et marmites assemblés à la hâte. Selon la Croix-Rouge Camerounaise,  environ 9.000 réfugiés sont actuellement dans les villages frontaliers. Ils dorment pour la plupart  sans toit, exposés au froid rude à cette période  de l’année et  aux  piqûres  de moustiques. Environ 800 vivent dans une église de Garoua Boulai - où ils  dorment  à même le sol, dans la modeste  salle du centre d’accueil de la paroisse. « Ils  ont besoin de  nourriture,  d’abris, de nattes, de  couvertures  et de latrines » affirme le père Kevin, curé de la chapelle. « Nous n’avons pas les moyens  logistiques et financiers pour couvrir  les besoins les plus immédiats de ces personnes qui ont tout perdu. »Pour survivre, les femmes et les enfants doivent mendier  auprès des  populations locales qui, malgré leurs revenus modestes, offrent généreusement quelques kilogrammes de riz et de poisson. « Nous survivons grâce à la générosité des populations  qui nous donnent au quotidien un peu de nourriture  pour nourrir  nos  enfants. »  confie  Adawiya  Ali Fadel, cette  mère de famille  centrafricaine. «   Nos maris ont  été contraints  de rester  en Centrafrique  faute de moyens pour payer les frais de transport exigés  par les camionneurs.  Nous sommes  abandonnés  à notre sort   et ne pouvons plus travailler pour subvenir aux besoins de nos familles»  poursuit  Adawiya.  

L’accès difficile à l’eau potable et les structures d’assainissement limitées, exposent  aussi bien les réfugiés que les populations hôtes aux risques de  maladies liées à l’hygiène.  L’inaccessibilité aux soins de santé pour les malades et les femmes enceintes, constitue  également  un problème majeur pour ces réfugiés qui, sont déjà fragilisés par le paludisme qui demeure l’une des causes premières de mortalité en Centrafrique. «  Je suis enceinte de sept mois  et jusqu’ici je n’ai fait aucune visite prénatale. Notre village a été pillé, mon père est mort au  cours des combats, ma mère et moi sommes arrivées ici depuis quelques semaines, mais  elle est très malade et nous n’avons pas d’argent pour la soigner » déclare  Issa Nathalie,  âgée de 17 ans et originaire de Bouar. 

La Croix-Rouge Camerounaise a déployé  un nombre important de volontaires pour apporter les premiers secours aux réfugiés. «  Nos volontaires participent, aux côtés du Haut Commissariat aux Réfugiés à l’enregistrement des  nouveaux arrivants. Nous apportons également un soutien psychosocial aux plus vulnérables.  Nous avons démarré,  avec l’appui de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge (FICR), une évaluation en vue de recenser les besoins les plus urgents de ces vulnérables » explique  Faustin Tsimi, Directeur de Gestion des Catastrophes de la Croix-Rouge Camerounaise.

La Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge a émis  en Septembre 2013, un appel d’urgence  qui a permis à la Croix-Rouge Camerounaise d’assister 3,200  réfugiés centrafricains à  Guiwa Yangamo et Bétaré-Oya à travers la distribution de produits non alimentaires,  le soutien psychosocial et  l’accès à l’eau potable et l’assainissement.  Aujourd’hui, avec l’afflux croissant  de nouveaux réfugiés dans la région, les besoins  ont triplé. Une  évaluation est  en cours pour améliorer l’assistance  aux milliers d’autres de ces nouveaux arrivants.




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En image - Une nouvelle vague de réfugiés fuyant les violences en République Centrafricaine arrive au Cameroun

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