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République Centrafricaine : Histoire d’une femme seule, mère de 3 enfants habitant en insécurité dans un camps de déplacés

Publié: 20 juin 2014 11:17 CET

Nelly Muluka, FICR

Pendant que la situation sécuritaire en République centrafricaine se détériore en raison de la hausse soudaine de la violence dans la capitale Bangui, la vie des familles continue à sombrer dans le chaos. Des milliers de personnes ont été contraint de quitter leurs maisons pour trouver refuge dans les camps des déplacés.

Tatiana Feikiram, femme âgée de 30 ans, est une mère de trois enfants qui vivent actuellement dans un camp des déplacées de Bangui. Elle vient de mettre au monde une fille.

«Je vivais avec mon mari et nos deux enfants dans un quartier à Bangui. Puis, un jour, après le début des combats, il n'est pas rentré à la maison. J'ai appris plus tard qu'il avait été assassiné par des inconnus. J'étais enceinte de quatre mois, " dit Tatiana.

Elle prend un moment pour allaiter son enfant de trois jours qui était couché sur le sol avant de poursuivre. «Le soir où nous avons quitté le quartier, j'étais dans la maison avec les enfants. Les détonations étaient tout simplement trop fortes et nombreuses, les bruits des coups de fusils se rapprochaient davantage et les enfants ont eu peur. J'avais également peur pour eux. Je devais les protéger. J’en ai porté un sur mon dos et l’autre à la main et nous avons commencé à marcher pour trouver un lieu de refuge le plus proche. C’est ainsi que nous sommes venus dans ce camps ".

En arrivant au camp, elle a trouvé ses parents qui avaient également été chassés de leur maison.

Le jour suivant, elle a bravé un voyage de retour à son domicile, dans les bruit des coups de feu pour obtenir certains produits de première nécessité pour sa famille.

"J'ai été choqué de ne trouver que des braises du reste de notre maison», dit Tatiana, ajoutant qu'elle a perdu tous ses biens dans l'incendie.

Tatiana dit que la vie dans le camp avec un nouveau-né n'est pas facile. «D'abord, j'ai deux autres jeunes enfants à m’occuper, puis il y a la chaleur extrême pendant la journée et le froid pendant la nuit. Il y a également la fumée à l'intérieur de la tente tout au long de la journée puisque nous faisons tous la cuisine à partir d'ici, et c’est n'est pas bon pour le bébé ", dit-elle, en ajoutant qu’elle espère un jour, que la vie sera différente et que les gens pourront revenir dans leurs domiciles et vivre en paix.

Elle ne sait pas combien de temps cela durera, et donc, dans un avenir proche, ce camp insalubre encombré restera toujours la maison de sa famille. Une de ses plus grandes préoccupations reste l'éducation de ses enfants dans le cas où une école n’est pas ouverte dans le camp. «L'éducation des enfants a été perturbée. Si nous avions un endroit pour les emmener à l'école, je le ferais volontier. Mais le quartier est une zone interdite pour moi. Je ne peux plus supporter le bruit des coups de feu".

La Croix-Rouge centrafricaine, en collaboration avec la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et d'autres partenaires, continuent à soutenir les familles affectées en leur fournissant des services de santé, d'eau, d'assainissement et d'hygiène. Grâce à un appel d'urgence d’un montant de 1.136.640 francs suisses, la Société Nationale assiste 50 000 personnes affectées par les troubles civils en RCA.




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