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L’éducation au milieu des coups de feu en République centrafricaine

Publié: 9 avril 2015 7:51 CET

Par Nelly Muluka, FICR 

Les affrontements armés dans plusieurs régions de la République centrafricaine (RCA) continuent d'avoir de graves conséquences dans le domaine de l'éducation, un an après le début des troubles civils en cours. Le vandalisme, le pillage et le déplacement des enseignants et des enfants des écoles affectent le système éducatif, avec plusieurs écoles fermées depuis de nombreux mois. 

« Nous avons récemment ré-ouvert notre école pour le nouveau trimestre, mais plusieurs élèves ne sont pas encore de retour. En fait, certains élèves et enseignants ont été déplacés depuis décembre 2013 », explique Norbert, un enseignant à Bangui. « Ce n'est pas juste. Les enfants ne devraient pas avoir à supporter les conséquences de ces troubles .»  

 « Il est regrettable que nous manquions une étape importante de notre vie qui ne peut être refaite, » ajoute Obed, un élève de 15 ans. « Souvent, nous n'arrivons pas à l'école en raison des routes bloquées ou de coups de feu sporadiques. Quand bien même nous arrivons à l'école, nous trouvons très peu d'enseignants, voire aucun en raison de l'insécurité. »  

La violence continue de compromettre les progrès réalisés dans le système éducatif du pays au cours des dernières années. Davantage d'enfants allaient à l'école ; près de 40 pour cent des jeunes ont terminé l'école primaire en 2011, contre 27 pour cent en 2008. Le taux d'alphabétisation des jeunes a augmenté à 65 pour cent en 2010, bien que le nombre d'enfants non scolaires soit resté élevé à 66 pour cent. (Source : Partenariat mondial pour l'éducation) 

Les enseignants s'efforcent de continuer de fournir l'éducation qu'ils peuvent dans des circonstances extrêmement difficiles, fusionnant plusieurs écoles en une seule, une disposition qui vient avec ses propres défis. Gombet enseigne dans un établissement où six écoles ont été combinées en une seule pour des raisons de sécurité. Il invoque le surpeuplement, le manque d'eau, les installations sanitaires limitées, et les matériaux d'enseignement insuffisants comme les défis immédiats pour l'institution. 

« Nous enregistrons plusieurs enseignants et étudiants déplacés dans cette école. Lorsque la sécurité le permet, nous venons ici, mais lorsque ce n'est pas le cas, nous restons au camp. Aller et revenir de l'école chaque jour est très risqué, en particulier pour les jeunes enfants, » signale Gombet. « Nous manquons de beaucoup, y compris les matériaux d'apprentissage adéquats, des installations sanitaires et de l'eau. »  

Dans une autre école, Albert, un enseignant d'élèves ayant été déplacés, partage les sentiments de Gombet. 

« Mes élèves sont tous à différents niveaux d'étude. J'ai en fait divisé la classe en trois rangées, chacune représentant une classe différente. J'occupe chaque rangée avec des tâches différentes pour que tous profitent en même temps. Ce n'est pas facile, mais l'éducation est très importante et doit être donnée en toutes circonstances », explique Albert.   

La Société nationale centrafricaine de la Croix-Rouge, en collaboration avec la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a soutenu la question cruciale de l'éducation au cours de la dernière année. Lorsque la sécurité le permet, les bénévoles visitent les écoles, pour promouvoir  l'hygiène et la paix. D'autres bénévoles ont aidé à construire des latrines, endommagées au cours des affrontements. À ce jour, 500 latrines ont été construites dans les écoles de Bangui, desservant au moins 35.000 enfants et enseignants des écoles. 




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