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Veuve en République Centrafricaine (RCA): Où est Bangui et où sont mes enfants ?

Publié: 19 janvier 2016 15:00 CET

La violence persistante en RCA a divisé les familles, laissant plusieurs personnes anxieuses pour l’avenir. L’insécurité grandissante et les réseaux routiers pauvres restent des défis majeurs pour ceux qui souhaitent chercher leurs proches.

Monique, une veuve de 80 ans et mère de 5 enfants, vit à Kembé localité située dans la partie Sud du pays. Une ville qui a été détruite au début de la violence il y a deux ans. A ce jour, aucune forme de reconstruction n’a été envisagée.

« La violence nous a pris au dépourvu. Tous mes enfants ont fui. J’ai appris qu’il sont à Bangui, mais je ne sais pas où se trouve Bangui, et je ne dispose d’aucun moyen d’y arriver » dit Monique. « Même si j’avais l’opportunité d’y être, je ne saurai par où commencer à les chercher » La vieille femme ajoute que tout ce qu’elle entend c’est les rumeurs et des histoires de combats, la guerre et les décès à Bangui, une ville lointaine.

Une visite du personnel de la Croix-Rouge Centrafricaine pendant une enquête d’évaluation ces besoins a révélé que Kembé a été désertée par jeunes et les hommes, laissant derrière elle, les femmes, les personnes âgées, les personnes handicapées et les enfants, dont beaucoup sont incapables de prendre soin d’eux même. Pour aggraver les choses, la ville n’est pas couverte par le réseau de téléphonie mobile et l’accessibilité est extrêmement difficile.

«  les habitants de cette région sont coupés du reste du monde et sont dans un besoin urgent d’assistance humanitaire dans tous les secteurs, notamment la nourriture, des articles non-alimentaires et l’eau potable » a dit Jean Walegue, le Coordonnateur des Programmes de la Croix-Rouge Centrafricaine.

Dossade, âgée de 78 ans, réside dans un camps des déplacés de Bangui, à des centaines de kilomètres de Kembé, mais elle partage les préoccupations de Monique. Elle ne sait pas ce qui est arrivé à sa famille dont elle pense avoir fui dans un pays voisin.

«  Je ne les ai pas vu, ni entendu parler d’eux depuis  décembre 2013. Je suis vieille et malade. Je vis sous un toit d’un vieil avion. La vie dans ce camps est une lutte pour les plus entrainer. Tout est un problème – nourriture, eau, latrine bref tout » dit Dossade, ajoutant que le camp a reçu de nouveaux déplacés depuis septembre, cela a mis davantage de pression sur les maigres ressources disponibles.

Monique et les inquiétudes de Dossade sonnent comme une vérité pour de nombreuses familles dont les proches ont traversé les frontières, fuyant la violence persistante en RCA. La vague de nouvelle violence survenue dans la capitale en septembre a provoqué de nouveaux déplacements et la destruction des moyens de subsistance, aggravant une situation déjà mauvaise. Près de 500 000 personnes restent encore déplacées à l’intérieur du pays et environs 454 000 sont réfugiés dans les pays voisins.

Lorsque le sécurité le permet, la Croix-Rouge Centrafricaine, en collaboration avec la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et d’autres partenaires, continuent d’assister les familles affectées par les premiers soins, l’accès à l’eau, les activités d’hygiène et d’assainissement, la distribution d’articles non-alimentaires, la distribution des petits ruminants et la promotion de la santé. Un appel d’urgence d’un montant de 10 millions de francs Suisse est en cours, il est actuellement financé à 18%.




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