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Le volontariat à la Croix-Rouge de la République centrafricaine: pourquoi ce n’est pas fait pour les faibles de cœur

Publié: 2 mars 2014 9:05 CET

Olivier Nyssens est un délégué psychosocial de  la Croix -Rouge de Belgique déployé en République Centrafricaine par la FICR , pour apporter un soutien psychosocial  aux volontaires de la Croix-Rouge, témoins des atrocités du conflit en cours. Basé à Bangui depuis quatre semaines, il partage son expérience. 

Je suis arrivé à Bangui à la fin du mois de Janvier pour soutenir les volontaires de la Croix-Rouge centrafricaine qui ont été exposés à la violence depuis son éclatement en Décembre. Ils ont vu l’inimaginable, ont procédé au ramassage des corps des victimes des affrontements; des personnes massacrées et dont les corps ont été abandonnés dans les rues de la capitale Bangui. Des équipes de volontaires de la Croix -Rouge ont escorté les corps à la morgue, faisant de leur mieux pour identifier les victimes afin de s'assurer qu'elles peuvent être rendues à leurs familles. Au début de la crise, ils transportaient jusqu'à 40 corps par jour, et parfois devaient en plus creuser des fausses et procéder aux inhumations massives.

Ce n’est pas un travail pour les âmes sensibles.

Alors que les populations de Bangui fuient la ville par milliers, les volontaires de la Croix-Rouge participent à la distribution de la nourriture aux victimes, creusent des latrines dans les sites de recasement et mènent des activités de promotion de l’hygiène dans le but de prévenir les risques d’épidémies. Ils fournissent les premiers secours, et sont souvent victimes de menaces de la part des combattants.

Dans ce chaos, une famille est créée. Ils sont 600 volontaires de la Croix -Rouge déployés dans la capitale, dont l’âge varie entre 17 et 60 ans. Au cours des premières semaines qui ont suivi l’éclatement des violences, de nombreux volontaires dormaient  dans les locaux du siège de la Croix-Rouge. Ils y étaient plus en sécurité et n’avaient pas à faire le trajet quotidien jusqu’à leurs maisons. Mais aussi leur présence garantissait une disponibilité 24 heures par jour, des équipes de secours. Séparés de leurs familles, ils sont devenus une famille eux-mêmes. Ils préparaient le dîner ensemble et dormaient à même le sol dans les salles de classe de l’école de la Croix-Rouge.

Certains volontaires sont aussi des victimes de la violence. Leurs maisons ont été pillées, ils ont perdu un être cher, pourtant, ils continuent à être dévoués au service volontaire envers   leurs compatriotes, hommes et femmes qui souffrent également. 

Je suis surpris de voir le travail accompli par ces volontaires dans des conditions extrêmement difficiles. En général, les volontaires de la Croix- Rouge interviennent après une catastrophe. Dans le cas de la Centrafrique, la catastrophe se répète au quotidien; les blessés sont pris en charge sans que ne cessent d’arriver de nouvelles victimes. Le danger peut surgir à n'importe quel coin de rue, dans n'importe quel quartier. La chaleur est ardente, la température journalière peut atteindre 41 degrés Celsius.

En tant que délégué psychosocial, il est de mon devoir d'aider ces volontaires à faire face aux horreurs qu'ils ont vues. Quand je les ai rencontrés pour la première fois, ils avaient vécu dans ce contexte pendant près de deux mois. Leur résistance m’impressionne, d'autant plus qu'ils sont très calmes, souriants et déterminés à continuer. Leur motivation est forte. "Je me suis engagé et je continue," disent-ils. "C’est pour la cause de tous.”

 




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