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Côte d’Ivoire : dormir à la belle étoile, faute d’abris

Publié: 30 mai 2011 16:28 CET

Par Moustapha Diallo, Chargé de Communication FICR en Côte d’Ivoire

Dans le village de Toulépleu, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, à quelques encablures de la ville du même nom, c’est à mains nues que les rares habitants qui sont rentrés récemment du Libéria après avoir fui la crise post-électorale, essaient de déblayer les décombres. Le village ressemble par endroits à un village-fantôme. Toutes les maisons ont été partiellement ou complètement incendiées.

Rencontré sur place, Marcel Guiro, 27 ans, marié avec un enfant à charge, essaie de récuperer dans la concession familiale des tôles calcinés qui peuvent encore servir de toiture. Il y a quatre mois, il a dû fuir avec sa famille composée d’une dizaine de personnes pour se réfugier au Libéria voisin, lorsque son village a été attaqué.

« Nous étions partis sans rien au milieu de la nuit et avions parcouru 22 km à pied » raconte t-il. « Ma tante a succombé en cours de route des balles qu’elle avait reçues pendant l’attaque. Nous n’avons même pas eu le temps de lui faire une sépulture correcte. Un enfant de neuf ans est décédé aussi en chemin, mordu par un serpent »

Au Libéria, la famille de Marcel Guiro avait été hébergée par des parents proches. Elle dormait dans la véranda de leur famille d’accueil et vivait dans des conditions très précaires.

« Tout manquait, l’eau, la nourriture, les latrines » explique Marcel

Avec l’amélioration de la sécurité en Côte d’Ivoire, Marcel est revenu au village avec sa femme pour jouer à l’éclaireur et essayer de réhabiliter ce qui peut l’être. Le reste de sa famille est restée au Libéria, ainsi que bon nombre de leurs voisins attendant une restauration complète de la sécurité. Certaines familles veulent rentrer, mais pour dormir où, se loger où ?. D’autres sont traumatisées et attendent de meilleures garanties de sécurité. Marcel, sa femme et son enfant de quelques mois dorment eux à la belle étoile, exposés aux intempéries et aux moustiques.

Aucun élan de reconstruction n’est tangible dans la localité et il faudra du temps et de l’argent pour reconstruire. Sans moyens et sans assistance, il lui sera difficile de remettre en état la maison familiale, comme tous les habitants de son village de Toulépleu. A son retour, Marcel a trouvé les greniers à céréales pillés et vidés, un autre problème de sécurité alimentaire auquel il essait aussi de faire face.

Des milliers d’ivoiriens à l’ouest du pays sont dans la même situation que Marcel. Des fonds urgents sont nécessaires pour les aider à se relever.




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