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Côte d’Ivoire : les besoins humanitaires restent immenses à l’ouest

Publié: 26 mai 2011 20:12 CET

Par Moustapha Diallo, Chargé de communication FICR en Côte d’Ivoire

Si à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, la vie a repris son cours normal, la situation humanitaire reste encore alarmante dans l’ouest du pays. A Duékoué, quelque 27 000 personnes qui avaient fuit les troubles post-électoraux continuent à occuper les bâtiments de la mission catholique de la localité, dans une promiscuité suffocante. Elles survivent grâce à l’aide fournie par les agences humanitaires présentes sur place, comme la Croix-Rouge.

Des milliers d’autres personnes restent encore déplacées dans la région du Moyen Cavally, notamment à Toulepleu, Guiglo et Bolequin et dans une moindre mesure dans quelques villages de la région des montagnes. La majorité de ces personnes sont allées se réfugier au Libéria. D’autres sont restées caché dans la forêt ou dans des villages situés près de la frontière avec le Libéria.

Jusqu’au 19 mai 2011, le HCR (Haut Commissariat pour les Réfugiés) a dénombré plus de 182 000 réfugiés ivoiriens arrivés au Libéria depuis le début de la crise post-électorale. La plupart sont accueillis par des familles déjà très éprouvées et souvent incapables de faire face aux besoins pressants de leurs hôtes en nourriture, eau potable, abris et latrines.


Traumatisme et choc

Les populations ont fuit par crainte pour leur vie et sont traumatisées. Certains envisagent un retour mais attendent que les conditions de sécurité se soient suffisamment améliorées pour le faire.

« Nous voulons rentrer et vivre en paix. Regardez dans quelles conditions nous sommes ici » s’exclame Marie GboGbo, une jeune femme de vingt-deux ans réfugiée à la mission catholique, son enfant sous le bras.

Pour la Croix-Rouge de Côte d’Ivoire et ses milliers de volontaires, le soutien psychologique va rapidement devenir un aspect essentiel du travail.

Reconstruire les vies

Dans le village de Dohouba, situé dans la région des montagnes, quelques familles ont timidement commencé à rentrer et tentent de survivre.

 « Toutes nos réserves de vivres ont été pillées pendant les trois mois ou nous étions au Libéria. Ma femme ramasse des fagots de bois dans la forêt et les revend au marché. C’est avec le fruit de la vente que nous survivons, cela nous permet au moins d’assurer un repas par jour pour les enfants » explique Batoua Zogbeu, 60 ans, habitant de Dohouba.

Si certaines familles font face à un problème de sécurité alimentaire et d’accès à l’eau potable, d’autres attendent la reconstruction de leurs maisons.
« Dans de nombreux villages, des habitations ont été partiellement ou complètement incendiées ou détruites, des plantations saccagées, contraignant les populations à se déplacer, souvent dans un dénuement complet » déclare Norbert Allale, Chef de l’équipe FACT de la FICR déployée en Côte d’Ivoire.

La santé reste également une préoccupation majeure. De nombreuses structures sanitaires ont été désertées par le personnel médical à cause du conflit ou ont été pillées.

« Nous allons élaborer un plan d’action afin d’aider la Croix-Rouge de Côte d’Ivoire à renforcer son programme d’assistance au profit des populations touchées par la violence post-électorale, en coordination avec les partenaires humanitaires présents dans le pays » souligne Norbert

Avec l’appui de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) et du Comité International de la Croix-Rouge (CICR), la Croix-Rouge de Côte d’Ivoire a été l’une des rares organisations, à intervenir pendant la crise, pour fournir de l’aide aux populations dans le besoin.

Au Libéria voisin, la Croix-Rouge Libérienne poursuit également son assistance en faveur des refugiés ivoiriens et de leurs communautés hôtes, avec le soutien de la FICR et d’autres partenaires du mouvement Croix-Rouge.




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La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge constitue, avec ses 190 Sociétés nationales membres, le plus vaste réseau humanitaire du monde. En tant que membres du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous sommes guidés dans notre travail par sept Principes fondamentaux: humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalité.