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Témoignage de refugiés ivoriens récemment rentrés du Libéria

Publié: 20 juin 2011 16:19 CET

Moustapha Diallo in Côte d’Ivoire

Nous avons parcouru plusieurs villages situés à l’ouest de la Côte d’Ivoire. Si des milliers de personnes sont restées déplacées dans la région du moyen cavally, notamment à Toulepleu, Blolequin et Guiglo, attendant la reconstruction de leurs maisons détruites pendant les troubles post-électoraux ou la restauration complète de la sécurité, d’autres ont par contre regagné leurs maisons ….A la rencontre des communautés qui peinent à se relever des séquelles laissées par les violences post-électorales et à la découverte des femmes qui essaient de tenir les rênes de la survie. Derrière leur stoïsme, se cachent de véritables souffrances.


Marie-Pierrette, une habitante du village de Souapleu 1, situé à l’ouest de la Côte d’Ivoire « je ramasse de la cola pour survivre »

« J’ai 25 ans. Je suis mariée et mère de quatre enfants. Nous avions fui au Libéria pendant le conflit et sommes rentrés il y a trois semaines de cela. A notre retour, notre maison a été pillée et les reserves de vivres emportées. La saison des pluies a démarré et ce n’est pas encore le moment des récoltes. Pour nourrir ma famille, je me rends chaque jour dans la brousse pour ramasser de la cola. Dès fois, il m’arrive de recueillir deux à trois kilos de colas que je vends sur le marché à 0.2 EUR  le Kilo. Avec l’argent amassé j’achète un kilo de riz pour faire de la bouillie et offrir à mes enfants au moins un repas dans la journée. Quand la récolte de colas n’est pas fructueuse, alors nous nous contentons de fruits sauvages. Nous avons besoin de nourriture mais aussi de l’eau potable. Nos enfants tombent souvent malades et la case de santé du village a été pillée  »
 
Batoua Zogbeu, un habitant du village de Dohouba, situé à l’ouest de la Côte d’Ivoire « faire face à la réalité du retour »

« Je suis père d’une fratrie d’une dizaine de personnes. J’ai 60 ans et les forces commencent à me lâcher. Pendant la crise, nous avons fui vers le Libéria sans rien emporter. Nous étions partis au petit matin et avions marché pendant deux jours dans la forêt. Nous dormions à la belle étoile à la merci des reptiles et exposés aux intempéries. Nous sommes soulagés de rentrer et de voir que le conflit est en grande partie finie. Nous mangeons un seul repas par jour grâce à mon épouse qui ramasse des bois de chauffe dans la forêt qu’elle revend au marché, en attendant la prochaine récolte d’ici trois mois. Nous essayons de reconstruire nos vies. Etant pauvres et sans assistance, il sera difficile d’y arriver »




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