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Vie des refugiés ivoiriens : survivre à l’aube de l’espoir

Publié: 25 octobre 2011 16:11 CET

Moustapha Diallo, FICR

Fambo Gueï Denis a quitté son village de Méo, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, dès les premiers troubles post-electoraux, pour se refugier dans la brousse. Il a du fuir au milieu de la nuit, avec sa femme et ses douze enfants, parcouru plusieurs kilométres pour trouver un « Gnondjé », ce qui signifie en langue locale : « le refuge où personne ne peut me voir ». Pour survivre, Fambo et sa famille devaient se contenter de quelques fruits sauvages et de racines.

Après presque sept mois d’errance dans la brousse, exposé aux intempéries et aux reptiles, Fambo a décidé de rentrer dans son village d’origine. A son retour, il a trouvé sa maison complétement brûlée, les greniers vidés, les biens emportés, comme la plupart des habitants du village de Méo.

Malgré le dénuement complet dans lequel il se trouve, Fambo est heureux de rentrer et soulagé de voir que le conflit est en grande partie finie.

Aide de la Croix-Rouge

Aujourd’hui, grâce au programme d’aide de la Croix-Rouge de Côte d’Ivoire, appuyé par la Fédération Internationale des Sociétés de Croix-Rouge et du Croissant-Rouge FICR), Fambo est en train de reconstuire sa vie. Il fait parti des milliers d’ivoiriens qui ont reçu un soutien à travers un kit de retour et de réinstallation composé de bâches, de matériels d’abris, de moustiquaires imprégnées, d’assortiments de cuisine, de seaux, de bassines, de jerricans, de pagnes, de nattes, de couvertures…

Au total, ce sont plus de 4,000 familles retournées qui ont bénéficié de cet appui à la réinstallation, dans le département de Toulepleu, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire.

L’aide peut sembler modeste mais pour des familles qui ont tout perdu, c’est un nouveau départ pour la vie, d’autant plus que la Croix-Rouge les accompagne également dans des services d’approvisionnement en eau potable, la construction de latrines, la fourniture de soins de santé primaire et la restauration de leurs moyens de subsistance avec la fourniture de semences et d’engrais.
 
« Nous n’avons pas assez à manger mais au moins nous sommes rentrés chez nous pour recommencer une nouvelle vie et entrevoir l’avenir avec espoir grâce à la Croix-Rouge »

Besoins persistants

A l’instar de la famille de Fambo, des milliers d’autres familles dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, ont quitté la brousse ou le Libéria voisin, pour regagner leurs villages dévastés, après avoir eu écho de l’aide la Croix-Rouge et de l’amélioration de la sécurité dans la région.

Si certaines familles ont pu bénéficier de cette assistance pour se réinstaller, des milliers d’autres vivent aujourd’hui encore dans des maisons sans toiture ou dans des abris de fortune, exposées aux intempéries.

Malgré les appels au retour, des milliers de familles sont toujours restées au Libéria et vivent dans des conditions très précaires. La plupart d’entre elles n’éprouvent pas le sentiment de revenir dans des maisons dévastées, où elles ont tout perdu, sauf si une organisation d’aide est prête à les soutenir avec des articles de base.

Pour toutes ces familles retournées ou restées au Libéria, l’alimentation, l’abri, les services de santé et d’accès à l’eau potable, ainsi que le soutien aux moyens de subsistance sont des besoins pressants. Faute d’assistance, leur situation va se dégrader davantage.

En Juin dernier, la FICR a lancé un appel d’urgence de 6,7 millions de francs suisses (USD 7,8 millions ; 5,5 millions Eur ) afin de fournir une assistance à 60,000 personnes touchées par la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, principalement dans l’ouest du pays. A ce jour, elle n’a reçu que 10% des fonds sollicités alors que les besoins sont encore immenses notamment du fait des retours progressifs des réfugiés et personnes déplacées.




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