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Ghana : La Croix-Rouge reconstruit de nouvelles maisons pour les victimes des inondations

Publié: 18 avril 2008 0:00 CET



La vie a repris son cours normal à Daboya, au nord du Ghana. La traversée du fleuve Volta qui relie ce village au reste du pays se passe sans difficulté. Les piroguiers font d’incessantes navettes entre les deux rives tandis que des pêcheurs prennent le large à la recherche de poissons frais.

L’an dernier, Daboya avait vu de sévères inondations, couplées à une crue du fleuve Volta, engloutir ses récoltes, réduire à néant des centaines de maisons et occasionner des milliers de sans abris. Quelques maisons portent encore les stigmates de ces intempéries. Leur état permet jusqu’à présent de mesurer l’ampleur des dégâts mais aussi la consternation et le traumatisme qu’ont dû éprouver les populations.

« J’avais tout perdu pendant les inondations. Ma maison était complètement détruite. J’étais désespéré et ne savais quoi faire ni où aller avec mes deux épouses et mes six enfants », explique Ibrahim Shaibu.

Un parent habitant dans un village voisin, lui avait offert le gîte ainsi que sa famille pendant plusieurs mois dans une chambre d’à peine 9m2.

L’histoire d’Ibrahim se termine bien avec une maison flambant neuve de deux pièces que la Croix-Rouge ghanéenne vient de lui reconstruire. Un charpentier assisté par Ilyasu, un volontaire, fixe la toiture qui annonce la fin des travaux.

Dans quelques jours, Ibrahim pourra y emménager avec sa famille, en toute sécurité. 

Le modèle de construction simple, avec sa solide fondation et ses briques bien droites et alignées, contraste avec celui des autres compartiments de la concession familiale faits dans l’ensemble de terre et de boue séchée.

« Cette nouvelle maison n’a rien de commun avec celle que j’occupais auparavant. Elle est nettement plus jolie. En plus, elle est solide et peut résister aux inondations ultérieures», explique Ibrahim, tout joyeux.

« Cette maison fait partie d’un programme de reconstruction de 320 maisons, lancé par la Croix-Rouge ghanéenne et la Fédération Internationale dans les régions Nord et Est du Ghana après les inondations dévastatrices des mois d’août et septembre 2007 qui ont occasionné des milliers de sans abris », souligne John Attisu, Coordinateur de la Gestion des Catastrophes à la Croix-Rouge ghanéenne.

C’est grâce aux fonds collectés par la Fédération Internationale après l’appel qui a suivi les inondations que ces maisons sont reconstruites.

Depuis quelques mois donc, les villages de Daboya, au Nord du pays et Balungu et Zorko à l’Est, vivent au rythme de la reconstruction. La torride chaleur qui sévit dans ces localités n’altère en rien l’enthousiasme et l’ardeur des populations pressées d’achever les maisons avec l’aide des volontaires de la Croix-Rouge ghanéenne, mobilisés pour la circonstance. Ils sont 37 au total, dont 21 à Balungo et Zorko et 16 à Daboya.

« La plupart des maisons sont achevées », explique John Attisu.

A Zorko, dans le district de Bongo, situé dans la région Est du Ghana, Amoapoka Anoo, une veuve de 72 ans a déjà réceptionné sa maison.

Depuis les inondations, elle avait toujours refusé de quitter sa demeure pourtant anéantie par les eaux, préférant s’entasser avec sa famille de huit personnes dans une petite hutte, la seule chose ayant résisté au déluge. Amoapoka a passé toute sa vie dans cette maison avec son mari, décédé il y a quelques années.

« Cette maison me rappelait tant de souvenirs, l’abandonner signifiait pour moi renoncer à mon passé, à une partie de moi-même » précise t- elle, remerciant  la Croix-Rouge de l’avoir aidé à reconstruire sa maison sur le même site.

Le programme de reconstruction est destiné prioritairement aux familles dont les habitations ont été complètement détruites. Par ailleurs, il constitue la dernière étape de l’opération en faveur des victimes des inondations au Ghana, après l’aide d’urgence. Le programme a bénéficié de l’appui technique de l’Agence des Maisons Rurales qui a introduit une nouvelle technologie de renforcement des fondations.

« La Croix-Rouge fournit aux bénéficiaires du programme des matériaux de construction composés de sacs de ciment, de clous, de marteau, de pelle, de scie, de tôles de zinc pour la toiture ainsi que des portes et fenêtres. Elle assure en même temps la fondation du bâtiment et prend en charge les honoraires des maçons et des charpentiers », explique Muntari Ayayi, Volontaire de la Croix-Rouge ghanéenne à Daboya.

Il revenait donc aux familles d’apporter de l’eau, du sable et du bois et d’assurer l’élévation du bâtiment après la fondation.

« Des villageois copient le modèle de construction de la Croix-Rouge, ce qui est très positif. Nous avons également tiré beaucoup d’enseignements qui permettront d’améliorer ici ou ailleurs de futurs programmes de reconstruction de maisons », explique Andreas Koumo Gopino, Coordinateur du programme de reconstruction.

D’ici la fin du mois d’avril 2008, 320 familles emménageront définitivement dans leurs nouvelles maisons.




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