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Combattre la peur et la stigmatisation liées à l’Ebola en Afrique de l’Ouest

Publié: 1 avril 2014 13:59 CET

Par Moustapha Diallo, FICR

La peur et la stigmatisation sont souvent des réactions humaines communes à une maladie, en particulier quand il s’agit de l’Ebola, une maladie hautement contagieuse qui peut se propager rapidement et pour laquelle, il n’existe pas de remède connu.

En Guinée, un pays de l’Afrique de l’Ouest, qui fait face actuellement à une propagation galopante de cas d’Ebola, la peur et la stigmatisation liées à la maladie sont de plus en plus visibles. De nombreux habitants limitent leurs déplacements, refusant de s’aventurer trop loin de leur domicile. «Il s'agit d’une réaction commune» explique Amanda McClelland, chargée de programmes-santé d’urgence à la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix -Rouge et du Croissant-Rouge (FICR). «Lorsque l’Ouganda avait connu une épidémie d’Ebola en 2012, nous avions rencontré des gens dont la famille et les amis avaient eu peur d’eux parce qu’ils étaient surveillés, car suspectés de porter le virus. Personne ne pouvait les toucher. Même après leur rétablissement, on continuait à les éviter. C’est ce genre de peur et de stigmatisation que nous devons gérer immédiatement».

Au 29 Mars, 77 personnes avaient déjà trouvé la mort en Guinée après avoir contracté le virus d’Ebola. Sur 122 cas, cela se traduit par un taux de mortalité de 63 pour cent. Au cours des derniers jours, l’épidémie mortelle s’est propagée à partir des régions du sud du pays, l’épicentre de la maladie, à Conakry, la capitale. Le Libéria a confirmé deux cas et en Sierra Leone, pays voisin, des cas suspects ont été enregistrés; ce qui a poussé les autorités sénégalaises à fermer leurs frontières terrestres avec la Guinée, dans une tentative de prévenir la propagation de la maladie.

«Les gens d’ici n’ont jamais connu rien de tel auparavant, que ce soit Guinée ou en Afrique de l’Ouest » souligne Dr Facely Diawara, chef du département de la santé à la Croix-Rouge Guinéenne. «Le fait que la maladie d’Ebola soit nouvelle dans cette région, et de surcroît très infectieuse et hautement contagieuse, contribue à alimenter la peur et la stigmatisation»

Avec le soutien de la FICR, la Croix-Rouge Guinéenne travaille en étroite collaboration avec le Ministère de la santé, l’OMS et Médecins Sans Frontières pour stopper la propagation du virus mortel. Les volontaires formés de la Croix -Rouge travaillent dans les zones touchées, en procédant à l’identification et au suivi de ceux qui ont été en contact avec des cas suspects, en désinfectant les maisons des victimes d’Ebola, et à sensibiliser les communautés sur la façon de se protéger contre l’infection.

«Notre objectif principal est d’enrayer la peur et la stigmatisation en aidant les gens à éviter de paniquer. C’est pourquoi nous intensifions notre communication en fournissant aux communautés une information vitale afin qu’elles comprennent mieux la maladie et comment se protéger» explique Panu Saaristo, coordinateur des programmes de santé d’urgence à la FICR et chef de l’équipe d’évaluation et de coordination sur le terrain déployée en Guinée.

Evitez le contact direct avec des personnes porteuses du virus d’Ebola est l’une des mesures clés utilisées pour réduire la propagation de la maladie. Mais cela a aussi un effet négatif car les personnes qui souffrent d’autres maladies graves comme le paludisme sont parfois mises en quarantaine par mesure de précaution. Mais quand elles se rétablissent, la communauté croit qu’elles ont été effectivement traités contre l’Ebola et pourraient encore être contagieuses. La peur d’être marginalisé ou isolé peut aussi amener les gens à cacher leur maladie.

Les survivants d’Ebola qui ont perdu des membres de leur famille, souffrent également de la stigmatisation. Même après leur rétablissement et la fin de leur isolement, la communauté croit toujours qu’ils ont contracté le virus d’Ebola et ne les veulent pas au marché, ni dans les maisons ou les lieux de culte.

«Les familles qui sont touchées doivent obtenir un traitement approprié, mais s’être rétablies ou déclarées indemnes du virus; elles ont besoin du soutien de la communauté pour retourner à la vie normale. C’est l’un des messages que les volontaires de la Croix- Rouge délivrent aux communautés» ajoute Saaristo .

La FICR a débloqué un montant de 142’102 francs suisses de son fonds d’urgence pour les secours en cas de catastrophe pour soutenir les communautés à risque à Conakry, Guéckédou, Kissidougou et Macenta. En dehors de la sensibilisation des communautés sur la façon de prévenir la propagation du virus d’Ebola, les volontaires de la Croix-Rouge fournissent également un soutien psychosocial aux familles touchées par l’épidémie, et aident à la gestion des cadavres.

Dans les pays voisins, les Sociétés nationales de la Croix-Rouge sont également en état d’alerte et prêtes à agir pour répondre à toute confirmation de cas suspects.

 




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