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Ebola, une maladie qui menace les travailleurs de la santé

Publié: 25 juin 2014 11:59 CET

Par Moustapha Diallo, FICR

Pierre Kabouro, un infirmier vivant à Tekoulo, un village situé à seulement 25 kilomètres de Guéckédou, une zone où les premiers cas de la maladie à virus Ebola en Guinée ont été signalés, est trés anxieux et inquiet.

Il n’est pas atteint de la maladie d’Ebola mais a été en contact avec un patient qui était malade.

«Je ne savais pas qu’il souffrait d’Ebola. Ce n’est que quelques jours plus tard, après sa mort que j’ai su qu’il était décédé à cause de cette maladie» explique Kabouro. «Nous sommes dans une zone forestière où le paludisme est endémique, donc quand il est venu me voir pour une consultation médicale, j’ai pensé que c’était le paludisme».

Ebola est une maladie très contagieuse et mortelle, avec un taux de létalité qui peut atteindre jusqu’à 90 pour cent. Elle ne se propage que par le contact direct avec la sueur, la salive, le sang ou toute autre sécrétion corporelle des personnes infectées. Parmi ceux qui sont les plus exposés aux risques d’infection, nous avons les travailleurs de la santé, les membres de la famille et toutes les autres personnes qui ont été en contact avec des malades et des patients décédés.

En raison de son contact étroit avec une personne infectée, Kabouro est parmi ceux qui sont actuellement étroitement suivis par les volontaires de la Croix-Rouge Guinéenne pendant la période d’incubation qui dure entre deux et 21 jours.

«Chaque jour qui passe sans que je ne ressente aucune douleur ou de la fièvre est un grand soulagement» signale Kabouro. «La plupart du temps, je passe des nuits blanches. J’ai peur de mourir»

«C’est la première fois qu’une épidémie d’Ebola a fait surface en Guinée, ce qui fait que la population et le personnel médical n’étaient pas préparés» explique Dr Lambert Boteya, un membre de l’équipe de santé déployée par la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix -Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) pour soutenir la Croix-Rouge Guinéenne dans la réponse à l’épidémie d’Ebola, en collaboration avec le Ministère de la Santé et d’autres partenaires.

Au moins une douzaine de travailleurs de la santé sont parmi ceux qui sont infectés, probablement, comme l’explique le Dr Lambert: « ils ne savaient pas à quoi ils avaient à faire». Certains d’entre eux sont morts. Parce qu’ils ne connaissaient pas la maladie, certains travailleurs de la santé n’avaient pas pris des précautions telles que le port de l’équipement de protection individuelle comme des gants, des masques et des lunettes de protection au moment où ils traitaient les patients.

Kabouro compte avec nervosité et anxiété la semaine qui lui reste pour finir la période d’incubation, tout en priant de rester en vie.

«J’ai trois enfants et l’aîné n’a que neuf ans. Qui va prendre soin d’eux si je meurs ? Au début, les gens me fuyaient mais maintenant, grâce aux activités de sensibilisation organisées par la Croix-Rouge, ils ont commencé à me saluer à nouveau, même s’ils évitent de me serrer la main».

Au 3ieme juin, 113 personnes sont mortes de la maladie à virus Ebola en Guinée, selon le Ministère de la Santé. Avec 127 cas confirmés, et un taux de mortalité élevé, il y a de fortes probabilités que ce chiffre va augmenter. Un plus grand nombre de personnes ont également été diagnostiqués comme souffrant de la fièvre hémorragique, mais tous ces cas n’ont pas été confirmés comme étant la maladie d’Ebola.

La Croix-Rouge a lancé des opérations d’urgence et/ou de préparation dans six pays ouest-africains. Certains pays ont été touchés par l’épidémie d’Ebola (Guinée, Libéria et Sierra Leone), et d’autres sont à risque (Côte d’Ivoire, Mali, et Sénégal). Ces opérations devraient toucher jusqu’à 10 millions de personnes.




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