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Guinée: Renforcer l’engagement communautaire pour mettre fin à l’épidémie

Publié: 14 mai 2015 19:26 CET

Par Moustapha Diallo, FICR

Le soleil s’est levé à Forécariah, une ville située dans l’ouest de la Guinée, après trois heures de routes cahoteuses de la capitale, Conakry. Comme d’habitude, les populations se sont déjà levées pour vaquer à leurs occupations quotidiennes; la plupart d’entre elles, vendent de l’huile de palme ou des mangues exposées sur des étals en bordure de route. A première vue, la vie semble normale. Mais cette région est maintenant au centre de l’épidémie d’Ebola qui sévit en Guinée, avec des cas notifiés presque tous les jours.

Contrairement aux tendances à la baisse des cas d’Ebola notées dans certaines parties du pays, Forécariah et les villes environnantes telles que Boffa, Coyah, Kindia et Dubréka ont vu un nombre croissant de personnes infectées depuis le début de l’année.

«Le virus a migré de la forêt à l’ouest de la Guinée et Forécariah est le disctrict qui présente la transmission la plus intense», explique Dr Abdourahmane Bathily, coordinateur régional de la risposte contre Ebola du ministère guinéen de la Santé, à Forecariah. «La résistance communautaire est notre plus grand défi, ici.»

Dans un effort accru d’endiguement du virus et d’arriver à zéro cas, avant la saison des pluies, le Gouvernement guinéen a déclaré, le 28 mars, une urgence sanitaire de 45 jours à Forecariah, Coyah, Dubreka, Boffa, Kindia et Conakry. C’est dans le cadre de cet effort collectif que les volontaires de la Croix-Rouge ont été mobilisés massivement  dans le district de Forecariah, pour participer à une campagne de porte-à-porte pour sensibiliser les communautés et détecter les cas potentiels d’Ebola. Résultats,  plus de 29,000 ménages ont été visités et 23 cas suspects identifiés et testés. A Coyah, ce sont plus de 57,000 ménages qui ont été visités et des initiatives similaires sont prévues pour les autres villes ciblées.

Grâce à leur expertise et leur expérience dans la communication avec les bénéficiaires, les volontaires de la Croix-Rouge ont joué un rôle actif dans ces campagnes, pour améliorer l’engagement communautaire dans ces localités; un élèment essentiel dans la lutte contre le virus Ebola.

Gagner le combat au niveau communautaire

«La lutte contre le virus Ebola ne peut être gagnée qu’au niveau communautaire» indique Yvonne Kabagire, déléguée en charge de la communication avec les bénéficiaires de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) en Guinée. «C’est pourquoi nous avons intensifié notre stratégie de communication pour se concentrer davantage sur la communication interpersonnelle avec les communautés»

Une nouvelle approche qui est en train de donner des résultats positifs. A Forecariah, où une volontaire de la Croix-Rouge, Topou Lopou et un collègue ont été battus par une foule en colère, alors qu’elles essayaient de fournir un enterrement digne et sécurisé à une femme suspectée d’être décédée d’Ebola, les attaques contre les équipes de la Croix-Rouge ont beaucoup baissé.

«Petit à petit, les communautés comprennent que la Croix-Rouge est là pour les soutenir, que ce soit, dans les moments de tristesse et de joie. Nous n’allons pas les abandonner», souligne Kabagire. «Je suis très fière de nos volontaires. Cette relation de confiance restaurée n’aurait pas eu lieu si les volontaires avaient renoncé à la lutte contre les rumeurs, la désinformation et la reticence.»

Selon l’Organisation mondiale de la santé, un total de 22 cas confirmés ont été signalés dans la semaine du 26 Avril contre 19 cas la semaine précédente.

«Dans la lutte contre le virus Ebola, vous pouvez passer de 100 à 10 en termes de nombre de cas, mais passer de 10 à zéro est l’étape la plus difficile» explique Dr Bathily.

Et le Responsable des opérations de riposte contre Ebola de la FICR en Guinée, Oscar Llorente, de lancer une alerte.

«La complaisance devient notre réel ennemi lorsque les cas commencent à diminuer. Nous devons rester vigilants et ne pas baisser la garde.»

La Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a lancé 16 opérations d’urgence en réponse à l’épidémie d’Ebola. Le coût de ces opérations est estimé à plus de 126 millions de francs suisses, pour une population cible de 39 millions de personnes. En Guinée, un appel d’urgence de 28,5 millions de francs suisses est lancé et il est actuellement financé à hauteur de 91 pour cent. Pour plus d’informations sur les opérations de la Croix-Rouge contre Ebola, veuillez visiter http://www.ifrcmedia.org/ebola/

 




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