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Les guérisseurs traditionnels soutiennent la réponse contre Ebola au prix de difficultés personnelles

Publié: 14 mai 2015 17:57 CET

Par Moustapha Diallo, FICR

Dans les villages reculés de la Guinée forestière, les gens ont de fortes croyances dans les pratiques traditionnelles. Ils font souvent recours aux services des guérisseurs traditionnels avant d’aller vers les structures de santé, pour des affections allant du paludisme, aux maladies sexuellement transmissibles, aux fractures et à la stérilité.

Lorsque Ebola a éclaté dans la ville de Macenta, les guérisseurs traditionnels ne savaient pas ce qu’était la maladie.

«Certains d’entre nous ont contracté le virus et sont morts parce que nous ne savions pas, ce à quoi nous avions affaire. Ebola a des symptômes semblables à ceux de certaines maladies moins graves», explique Karamoko Ibrahima Fofana, président de l’Association des guérisseurs traditionnels à Macenta, qui compte plus de 2000 membres.

Macenta était parmi les zones les plus touchées par l’épidémie d’Ebola, avec 745 cas à la fin de l’année 2014, sur une population estimée à 300’000 habitants. En début 2015, cependant, la ville a connu une réduction massive des cas.

«En collaboration avec le Ministère de la Santé et d’autres partenaires, nous avons mis en place plusieurs mesures pour contenir la maladie. Dans ce cadre d’action, chaque organisation, y compris la Croix-Rouge, joue un rôle important. Les activités de sensibilisation ont été intensifiées ainsi que la recherche et le suivi des contacts mais également la prise en charge des personnes malades», explique Dr Mamadi Keita, du département santé à la Croix-Rouge Guinéenne. «Dans le même temps, les communautés ont commencé à accepter les volontaires de la Croix-Rouge en leur permettant d’enterrer toute personne qui meurt dans la communauté dans la dignité et la sécurité.»

Dr Keita souligne que les leaders de la communauté, y compris les chefs religieux et les anciens, ont été mobilisés dans les activités de sensibilisation et d’engagement communautaire. Les guérisseurs traditionnels ont également été formés et mobilisés car estime Dr Keita, «ils font partie de la solution, car beaucoup de gens se tournent vers eux pour le traitement avant d’envisager de se faire soigner dans les structures de santé.»

Aujourd’hui, la plupart des guérisseurs traditionnels à Macenta sont conscients du risque de traiter les patients Ebola et ont convenu de suspendre leur activité, pour se protéger et protéger les membres de leurs communautés, même au prix de difficultés personnelles.

«Maintenant, je suis obligée de mendier de la nourriture pour prendre soin de ma famille car j’ai arrêté mon travail de guérisseur», explique Koly Béavogui, 80 ans, une tradipraticienne à Macenta. «Mais je suis heureuse de partager les connaissances que j’ai reçues sur Ebola avec les membres de ma communauté et désormais je refère toute personne malade qui vient me voir vers l’hôpital ou le centre de traitement Ebola.»

La Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a lancé 16 opérations d’urgence en réponse à l’épidémie d’Ebola. Le coût de ces opérations est estimé à plus de 112 millions de francs suisses, pour une population cible de 39 millions de personnes. En Guinée, un appel d’urgence de 28,5 millions de francs suisses est lancé et il est actuellement financé à hauteur de 78 pour cent. Pour plus d’informations sur les opérations de la Croix-Rouge contre Ebola, veuillez visiter http://www.ifrcmedia.org/ebola/




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