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Un chauffeur ambulancier de la Croix-Rouge et survivant d’Ebola, déterminé à poursuire le combat en Guinée

Publié: 29 mai 2015 7:28 CET

Par Moustapha Diallo, FICR

Pendant qu’un groupe de personnes dévalent rapidement les escaliers du bâtiment abritant le siège de la Croix-Rouge Guinéenne, pour se retouver dans la cour, un homme traîne derrière, aidé munitieusement à chaque pas, par son épouse. Avec sa demarche nonchalante, ses pas lents et mesurés, le regard lourd, Michel semble être beaucoup plus âgé que ses 48 ans. Il sait qu’il est chanceux d’être en vie et qu’il “revient de loin”. De “trés loin” aime t-il à répéter, sourire en coin.

Au mois de mars dernier, Michel, un chauffeur ambulancier à la Croix-Rouge Guinéenne, a contracté le virus Ebola à Forécariah, avant d’être acheminé au centre de traitement d’Ebola pour les travailleurs de la santé à Conakry. Sa femme et ses quatre enfants craignaient l’avoir perdu à jamais.

Il y passa 21 jours à se battre contre le virus et les symptômes associés: forte fièvre, maux de tête, courbatures, vomissements, diarrhées. Son instinct de survie finit par l’emporter sur la maladie et Michel sortit du centre de traitement muni d’un certificat de guérison, qu’il exhibe fièrement à ceux qui se sont réunis pour lui rendre hommage.

“Je me suis battu contre le virus Ebola pour ne pas donner raison à quelques membres de ma famille qui s’étaient opposés à ce travail” explique Michel. Ce volontaire expérimenté a trés tôt intégré les équipes de réponse contre Ebola depuis le début de l’épidémie, d’abord en tant qu’agent chargé de faire le suivi des personnes ayant été en contact avec des personnes malades ou décédées à Macenta, Kissidougou et Lola. En janvier 2015, il est déployé à Forécariah, le nouvel épicentre de l’épidémie, comme chauffeur ambulancier, chargé de transporter les patients vers les centres de traitement.

Aujourd’hui, en recevant les félicitations et les encouragements de ses collègues de la Croix-Rouge,  Michel a boitillé. Il a souffert d’une paralysie, pendant son hospitalisation, qui lui rappelle à chaque instant le lourd tribut qu’Ebola lui a fait payer, et qu’il lui faudra du temps pour recouvrir une totale santé.

“Les guéris d’Ebola sont trés affaiblis quand ils sortent du Centre de traitement” explique Babacar Sanoko, un psychologue de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) qui a fourni un soutien psychosocial régulier à Michel Camara et à sa famille, depuis son infection. “Nous avons pris contact avec sa femme et on lui a expliqué que Michel peut survivre à la maladie et qu’il aura besoin de son soutien et de ses proches. Tous nos entretiens se faisaient en présence de sa femme”.

Dans le cadre de son engagement envers son personnel et ses volontaires qui ont accepté d’effectuer un travail à risque au moment où beaucoup d’autres ont refusé, la Croix-Rouge fournit des kits de survie à des personnes comme Michel. Les articles composés de bidons d’huile de cuisson, de sacs de riz et de pommes de terre, sont tous entassés dans le véhicule qui a été mis à la disposition de Michel pour le conduire à Macenta, sa ville natale, située à 700 kilomètres de Conakry, la capitale. “il s’agit d’un soutien économique qui vient renforcer son état nutritionnel et qui vient en appoint au soutien psychosocial qu’il va continuer de recevoir chez lui” souligne Babacar.

Aujourd’hui, bien que trop éprouvé physiquement, Michel promet de poursuibre le combat contre Ebola, cette fois-ci, à travers les paroles, en attendant de reprendre son travail de chauffeur ambulancier.

“Je n’abandonnerai jamais. Ebola doit être vaincu” dit-il, en jetant un regard charmeur à son épouse, avant que le couple ne s’enlace pour s’esclaffer à tout rompre, sur la route du relèvement.

La Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a lancé 16 opérations d’urgence en réponse à l’épidémie d’Ebola. Le coût de ces opérations est estimé à plus de 112 millions de francs suisses, pour une population cible de 39 millions de personnes. En Guinée, un appel d’urgence de 28,5 millions de francs suisses est lancé et il est actuellement financé à hauteur de 92 pour cent. Pour plus d’informations sur les opérations de la Croix-Rouge contre Ebola, veuillez visiter http://www.ifrcmedia.org/ebola/




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