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Une approche multi-facettes pour arrêter la transmission de la maladie à virus Ebola

Publié: 3 juillet 2014 11:54 CET

Par Moustapha Diallo, FICR

C’est la première fois qu’une épidémie à virus Ebola a fait surface en Guinée, prenant au dépourvu les communautés et les autorités sanitaires. Des personnes sont tombées malades et ont commencé à mourir. Des familles ont continué les pratiques traditionnelles et la manipulation des dépouilles mortelles, et peut-être, sans le savoir, contribué à la propagation de la maladie.

«Certaines communautés ont une culture de lavage des morts et étant donné que le virus Ebola se transmet uniquement par contact direct avec les sécrétions corporelles d’une personne infectée ou décédée, de nombreuses personnes sont mortes parce qu’elles ne savaient pas ce à quoi elles avaient à faire», explique Aliou Boly, respondable des opérations de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) en Guinée.

Avec le soutien de la FICR, la Croix-Rouge Guinéenne, en collaboration avec le Ministère de la Santé et d’autres partenaires comme l’OMS, l’UNICEF et Médecins Sans Frontières, a mis en place des mesures d’atténuation afin de contenir la maladie et de l’empêcher à se propager. Les interventions sont menées dans les zones touchées et non touchées, afin de s’assurer que les communautés comprennent comment se protéger de la maladie à virus Ebola et comment prévenir sa propagation.

«Il y a encore une certaine résistance dans la zone rurale de Gueckedou comme dans les villages de Bafassa, Wassaya, Yomadou, Farakoro et Tolebengo» explique Dr Mamadi Keita, du department santé de la Croix-Rouge Guinéenne, et qui est le point focal pour les opérations de réponse contre Ebola à Guéckédou.

L’ignorance, la superstition et les rumeurs augmentent la peur dans ces communautés rurales et constituent un défi pour les volontairess de la Croix- Rouge qui tentent d’éduquer les populations sur la maladie à virus Ebola. Les gens qui vivent ici n’ont pas accès à la radio ni à la télévision. L’accessibilité est également très difficile car la zone est très éloignée et très touffue.

Les gens se posent beaucoup de questions. Leurs grands-parents ont mangé de la viande de brousse sans tomber malades, et ils se demandent pourquoi sa consommation présente maintenant un tel risque. Ils craignent que le produit utilisé par les acteurs humanitaires pour désinfecter les zones contaminées est en fait un poison qui propage la maladie et c’est la raison pour laquelle ils portent un équipement de protection. Les rumeurs sont persistantes et certaines communautés refusent encore les acteurs humanitaires dans leurs villages car ils les soupçonnent de porter le virus. Ils refusent d’admettre l’existence du virus Ebola, qui est une nouvelle maladie, et continuent d’enterrer leurs morts sans prendre des mesures de protection adéquates.

«Nos efforts risquent d’être vains si nous n’établissons pas une relation de confiance avec ces communautés résistantes », ajoute le Dr Keita. «Nous sommes en train d’identifier et de former des leaders communautaires afin de les impliquer dans nos efforts de sensibilisation et cela a commencé à apaiser certaines des craintes et des rumeurs».

La Croix-Rouge Guinéenne implique également les personnes qui ont contracté le virus et ont été guéries dans la sensibilisation, comme Saa Sabas, un ingénieur agronome à Guéckédou qui porte désormais le surnom de “anti- Ebola”.

Deux personnes habitant à Tolebengo qui ont été admises au centre d’isolement et qui sont par la suite guéries ont également raconté leur histoire à leurs voisins. Comme résultat, Tolebengo, qui était l’un des villages les plus résistants, accepte maintenant les agences humanitaires.

«Les communautés de Fassaba et Wassaya sont toujours méfiantes»explique Dr Keita. «Nous espérons qu’avec notre démarche de renforcement de la communication, y compris l’implication des leaders communautaires, et l’utilisation de pièces de theâtre, des émissions de radio, les SMS, et le cinéma mobile, nous allons réussir à briser cette résistance».

La FICR a lancé un appel d’urgence en Guinée pour soutenir la Croix-Rouge Guinéenne à mettre en place des interventions visant à prévenir la propagation de la maladie à virus Ebola. Des opérations similaires sont en cours au Libéria et Sierra Leone voisin, après que des cas aient été confirmés dans ce pays. La Croix-Rouge a également lancé de manière proactive des opérations de prévention dans quatre pays de l’Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Mali, Sénégal)  qui sont à risque si le virus continue à se propager.

 




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