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Une femme rendue veuve par l’Ebola au Libéria

Publié: 24 mars 2015 9:47 CET

Walter Leung, Hong Kong branche de la Croix-Rouge de Chine

Perdre un membre de sa famille est difficile, mais quand cette perte est couplée d’un isolement et d’un avenir incertain, cela peut devenir encore plus insupportable.

Ce fut le cas pour Agnès, une maman de quatre garçons et d’une fille, qui a récemment perdu son mari à cause de la maladie à virus Ebola. La famille vit dans le district de Foya, dans le nord du Libéria, une localité bordant la frontière avec la Guinée et la Sierra Leone. Le mari d’Agnès était un travailleur de la santé qui a contracté la maladie hautement contagieuse après avoir été en contact direct avec un patient infecté venant de la Guinée. Il est décédé par la suite, laissant derrière lui une famille sans aucune source de revenu.

Comme dans tous les autres cas, toute personne entrant en contact étroit avec une personne souffrant d’Ebola doit être isolée et surveillée pendant 21 jours, la période d’incubation de la maladie. Les enfants d’Agnès ont été interdits d’école, et Agnès elle-même était déboussolée et angoissée car n’ayant aucun revenu pour soutenir sa progéniture. La famille a été mise à l’écart par la communauté et le voisinage ; Agnès ne pouvait même plus rendre visite à sa propre famille, et certaines personnes refusaient d’accepter son argent et même d’acheter de la nourriture en son nom, de peur d’attraper la maladie.

Avec les rumeurs et la peur rampante, la famille est coupée du reste du monde, à part les agents de santé et les volontaires de la Croix-Rouge Libérienne.

«Naturellement, Agnès était très déprimée, face à l’impact de la perte de son mari, l’isolement social, qu’elle-même et sa famille sont en train de vivre, et les incertitudes liées à la prise en charge de sa famille» explique Walter Leung, délégué de santé d’urgence de la Hong Kong branche de la Croix-Rouge de Chine. «Les volontaires de la Croix-Rouge ont immédiatement fourni un kit de survie qui comprend à la fois de la nourriture et des articles non alimentaires. Nous les avons aidés à surmonter leur douleur en développant une relation de confiance avec la famille à travers un soutien psychosocial indispensable».

Ce fut un processus difficile car c’était la première fois que le virus Ebola a fait surface au Libéria. Du coup, les travailleurs de la santé et les communautés n’étaient pas préparés. La Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a lancé un appeal d’urgence 4,5 millions de personnes qui ont été directement touchées ou à risque d’être touchées par la maladie à virus Ebola. Les activités comprennent le renforcement des capacités de la Croix-Rouge Libérienne à répondre à de telles épidémies, par la formation de volontaires. Un élément clé de la formation est de s’assurer que les volontaires sont suffisamment outillés pour identifier les symptômes d’Ebola, et sont mobilisés pour diffuser des informations factuelles aux communautés sur la façon de prévenir la propagation de la maladie.

Les volontaires de la Croix -Rouge sont restés en contact étroit avec Agnès et sa famille. Lors de leurs dernières visites, ils ont trouvé Agnès encore dépressive et souffrant d’insomnie. Néanmoins, elle commence à être acceptée par sa communauté, mais ses deux fils aînés ont été renvoyés de l’école parce que la famille ne pouvait pas payer les frais de scolarité. Leur père les avait inscrit dans une école privée, afin de leur donner de meilleures possibilités d’éducation. «Nous avons essayé d’encourager Agnes de se concentrer sur ses activités de routine, comme par exemple s’occuper de ses enfants », a ajouté Leung. «Cela a pris du temps mais on est sur la bonne voie. Agnes est redevenue plus interactive avec sa famille et les voisins. Elle admet difficilement la perte de son mari, son compagnon, son gagne-pain, et le soutien qu’elle recevait de lui. Mais elle essaie de se tenir sur ses pieds à nouveau, pour ses enfants».




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