IFRC


Liberia : une nouvelle moustiquaire pour protéger une vie nouvelle

Publié: 24 avril 2012 15:42 CET

Nous sommes à la périphérie de Zwedru, dans le sud-est du Liberia. Après quelques minutes de route, nous arrivons au village de Sarah. Âgée de 18 ans, elle en paraît 13. Lorsque nous nous présentons chez elle, la jeune femme s’affaire au ménage et à la cuisine. Des enfants jouent à l’extérieur et dans la maison, ses parents sont aux champs.

«Nous sommes onze à vivre ici», indique-t-elle. «Je fais cuire le riz pour le déjeuner. C’est tout ce que nous avons pour le moment. Je préparerai une sauce tout à l’heure.»

On entend les pleurs d’un bébé. Sarah nous quitte un instant pour revenir avec une petite fille dans les bras. «Elle s’appelle Blessing», nous dit-elle. «C’est ma fille. Elle a six mois.»

Sarah souffre de fréquentes crises de paludisme. Selon ses termes, la maladie la «prend» au moins cinq à six fois par an. «Tout mon corps est douloureux, j’ai la fièvre et mal à la tête. Quand j’ai une crise, je vais généralement à l’hôpital. On me donne des comprimés et après quelque temps je me sens mieux.»

L’accès aux services de santé est un des plus gros problèmes du continent africain. S’agissant de Sarah, elle a la chance d’habiter à quelques kilomètres seulement de l’hôpital le plus proche.

«J’ai eu deux crises de paludisme pendant ma grossesse – une au tout début et l’autre juste avant d’accoucher», raconte-t-elle. Elle a mis au monde deux jumelles prématurées après sept mois et demi seulement de gestation.

«Le médecin a dit qu’elles étaient très petites et que c’était sûrement dû au paludisme. La seconde est décédée trois jours après la naissance parce qu’elle était trop faible. Elle est morte à l’hôpital. C’est pour ça que j’ai appelé l’autre Blessing», poursuit la jeune maman. [NdT Blessing signifie Bénédiction]

Bien qu’ayant été elle-même sous traitement pendant sa grossesse, Sarah a vécu le traumatisme de perdre un enfant à cause de la maladie.

Dans la famille, personne ne dort à l’abri d’une moustiquaire. La jeune femme nous explique qu’ils n’ont pas les moyens d’en acheter et que les autorités ne leur en ont point fourni jusqu’à présent.

Une semaine après cette visite, nous sommes retournés au village de Sarah. C’était le premier jour d’une distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue action. Quelques jours auparavant, Sarah avait reçu la visite de volontaires de la Croix-Rouge du Liberia venus s’enquérir du nombre de moustiquaires nécessaires pour sa maisonnée (à concurrence de trois au maximum par foyer).

Ils sont aujourd’hui de retour avec les moustiquaires et pour expliquer aux bénéficiaires comment les utiliser et les entretenir. Les volontaires se chargent également d’installer les filets au-dessus des lieux de couchage.

«Nous installons une moustiquaire au-dessus de chaque lit», explique le superviseur de la Croix-Rouge. «Nous expliquons aux gens comment la remettre en place après l’avoir lavée. Ainsi, nous sommes sûrs que les moustiquaires seront accrochées comme il convient.»

Sarah suit le moindre de leurs gestes et écoute avec attention toutes leurs explications. «Je suis tellement heureuse de savoir que, cette nuit, je dormirai à l’abri d’une moustiquaire avec ma fille», commente-t-elle.

Son émotion est aisée à comprendre. Elle ne mesure que trop bien la valeur de cette protection et on peut être sûr qu’elle en fera bon usage.

«Je vais continuer de m’occuper de ma fille pendant un peu de temps, puis j’essaierai de trouver du travail. Quoi qu’il en soit, je sais au moins à présent que nous serons épargnées par le paludisme. Ma fille s’appelle Blessing et cela aussi c’est une bénédiction.»




Carte


La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge constitue, avec ses 190 Sociétés nationales membres, le plus vaste réseau humanitaire du monde. En tant que membres du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous sommes guidés dans notre travail par sept Principes fondamentaux: humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalité.