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Mali: Des défis immenses et une foultitude de conditions pour les déplacés à rentrer chez eux

Publié: 3 avril 2013 15:42 CET

Par Moustapha Diallo, FICR

Dans un camp pour personnes forcées de quitter leurs foyers, en raison du conflit dans le nord du Mali, quelque 600 personnes croupissent dans une misère indescriptible. La plupart d'entre elles sont des femmes et des enfants. Une trentaine de tentes, quelques kiosques et des abris abris de fortune éparpillés ça et là, forment un labyrinthe. Ce campement, situé à Sévaré, une ville située dans la région de Mopti, représente ce que 70 familles appellent désormais leurs maisons.

Debout devant une tente fournie par la Croix-Rouge malienne, Nana Traoré, une veuve de 52 ans, s’active à préparer le petit déjeuner à ses huit enfants. Au menu, un demi-verre de bouillie de mil, sans lait, ni sucre est servi à chaque enfant. «Ce n'est pas suffisant, mais c'est mieux que rien», confie Nana, qui, quelques mois avant son arrivée dans le camp, errait dans les rues de Sévaré, mendiant de la nourriture pour nourrir sa famille. «J'ai perdu mon mari qui était mon unique soutien lors d'une attaque dans la région de Kidal," explique-t-elle. "Après sa mort, je me suis enfuie avec mes enfants. Imaginez cette longue marche à pieds et en camion, avec huit enfants."

À quelques pas de là, son voisin, Jaffar Maiga, 56 ans, chantonne pour consoler  ses deux enfants qui n'ont pas encore pris le petit déjeuner. Son sourire cache mal son anxiété. Il y a un peu plus d'un an, avant le déclenchement de la crise, cet homme était un agriculteur prospère qui vivait dans le cercle de Bourem, dans la région de Gao. «J'étais le chef du village de Derrienne et j'avais des hectares de champs de riz et de mil qui me permettaient de nourrir ma famille convenablement", a déclaré Jaffar. "Aujourd'hui, sans travail et sans activité, je suis obligé de tendre la main pour survivre ».

La crise dans le nord du Mali a provoqué le déplacement de plusieurs milliers de personnes, dont plus de 260 000 personnes qui ont fui pour chercher la sécurité dans d'autres régions du pays. Bon nombre de ces déplacés sont arrivés dans leurs nouveaux sites d’accueil, à pied, à dos d’âne, en camion, sans avoir le temps d’emporter leurs biens.

Environ 40 000 personnes ont trouvé refuge dans la région de Mopti, survivant grâce à l'assistance offerte  par des familles d'accueil ou dans des camps. Mais l'aide, quoique bien intentionnée, ne suffit pas. Les déplacés vivent dans de très mauvaises conditions. Et, même si, les villes du nord ont été épurées des insurgés par les troupes maliennes et françaises, les gens hésitent à rentrer chez eux.

« Nous avons tout perdu pendant la crise. Je ne sais même pas ce qui est advenu à mes champs et à mon troupeau» explique Jaffar « « Retourner à la maison, c’est recommencer ma vie à zéro. Sans argent pour acheter des semences et des outils, il sera impossible de cultiver mes champs. Vaut mieux donc rester ici ».

Jaffar et ses voisins venant du nord survivent maintenant grâce à l'aide fournie par les agences humanitaires, dont la Croix-Rouge malienne. Ils ont reçu des vivres et articles essentiels, incluant des tentes, des bâches, des moustiquaires, du savon et des ustensiles de cuisine, ainsi que des soins médicaux. «La sécurité n'est pas garantie si nous rentrons chez nous», souligne Nana Traoré. « Au moins, ici nous sommes aidés »




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