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Croix-Rouge Malienne: Contenir l’épidémie d’Ebola tout en se préparant au pire

Publié: 19 décembre 2014 18:57 CET

Par Moustapha Diallo, FICR

Dr Alain Kapete est de nature calme et posé. Un tempérament que les volontaires de la Croix-Rouge malienne, avec qui il collabore maintenant, trouvent plutôt séduisant. Mais aujourd’hui, debout au milieu de son équipe, portant des combinaisons de protection, des masques, des lunettes, et des bottes, Dr Alain gesticule et bouge sans cesse. Il supervise un exercice de simulation dans le cadre d’une formation sur les enterrements dignes et sécurisés et veut s’assurer que les volontaires respectent à la lettre les procédures.

“Les corps des personnes malades décédées d’Ebola sont trés contagieux. C’est pourquoi nous nous assurons que nos volontaires sont bien formés à l’utilisation des équipements de protection comprenant la combinaison, les lunettes et les bottes quand ils seront appelés à collecter ou enterrer une personne décédée d’Ebola” explique Dr Alain. “Nous les formons aussi à la désinfection des maisons des personnes décédées.”

Après un premier groupe de 35 volontaires formés par l’OMS et Médecins Sans Frontières sur les enterrements dignes et sécurisés suite au décès d’une fillette de deux ans à Kayes, ce sont 25 volontaires supplémentaires qui viennent d’être formés sur le même sujet à Bamako, la capitale malienne, où cinq personnes sont décédées d’Ebola, dont deux travailleurs de la santé.

“La situation semble s’améliorer, car jusqu’ici nous n’avons eu qu’une seule chaine de transmission et les 433 personnes qui étaient en contact avec le cas d’Ebola ont été suivies par la Croix-Rouge et d’autres agents de la Santé” explique Dr Boureima Dembele, Point focal Ebola à la Croix-Rouge Malienne. “Aujourd’hui il ne reste que 13 personnes à suivre et d’ici trois jours, elles vont être libérées si personne ne développe de symptômes”

Toutefois, le Mali reste très vulnérable à une nouvelle flambée d’infection en raison des frontiéres longues de plus de 800 kilomètres qu’il partage avec la Guinée, un pays, où le virus Ebola est toujours intense dans certaines régions. A Kourémalé, principal point d’entrée entre le Mali et la Guinée, le dispositif de surveillance a été renforcé avec l’érection d’un poste de contrôle sanitaire. Ici, aucun passager ne passe le poste de contrôle sans être soumis à un contrôle médical strict, d’autant plus que le deuxième cas d’Ebola est venu de Kourémalé-Guinée. Des centres de transit Ebola ont été également installés de part et d’autre de la frontière.

D’après les statistiques officielles, ce sont jusqu’à 800 personnes qui traversent chaque jour le point de contrôle de Kourémalé mais tout le monde ne passe pas par ici.

“Le risque est toujours là. Il faut donc rester vigilant. Nous sommes en train d’intensifier nos efforts pour contenir cette épidémie actuelle tout en se préparant au pire. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, nous organisons cette formation” explique Dr Dembele.

Près de 580 volontaires ont été formés sur la mobilisation sociale et le suivi des cas contacts dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et Bamako depuis que l’épidémie a été déclarée en Guinée au mois de mars 2014. Bon nombre d’entre eux sont mobilisés pour répondre à l’épidémie actuelle d’Ebola.

La Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a lancé 16 opérations en réponse à l’épidémie d’Ebola qui sévit en Afrique de l’Ouest, ciblant quelque 39 millions de personnes. Pour plus d’informations sur la réponse régionale de la Croix-Rouge, veuillez visiter www.ifrc.org/ebola-crisis.

 




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