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Insécurité alimentaire en Mauritanie : les femmes ne baissent pas les bras

Publié: 11 janvier 2012 16:30 CET

Par Irene Peiro, Croix-Rouge Espagnole

Dans le village de Tchout 1, en Mauritanie, il n’y a plus un seul homme. Tous sont partis chercher du travail dans les grandes villes. Le manque de pluie a interrompu la production agricole laissant les populations dans une situation alimentaire difficile. Quelques jeunes filles sont également parties chercher du travail comme domestiques,  si bien que la population de Tchout 1, qui normalement dépasse 1 800 habitants, s’est réduite de plus de la moitié.

Tchout 1 fait partie des villages visités par une équipe de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) pour évaluer les problèmes de sécurité alimentaire en Mauritanie. 

Dans ce village, l’équipe a détecté deux cas de malnutrition parmi douze enfants. L’argent et la nourriture envoyés par les membres de la famille partis chercher du travail en ville, ne suffit pas à  assurer la sécurité alimentaire des gens restés sur place.

Le cas de Halima, une femme de 32 ans et mère de quatre garçons, est un exemple patent. Il y a huit mois, son mari est parti à Nouakchott, la capitale du pays, où il travaille comme manœuvre. Pendant toute cette période, elle n’a reçu que 25 Kg de riz et 5 Kg d’huile, de son mari.

Tenwakoudeil, un village situé à 45 km de Nouakchott, dans l’arrondissement de Wad Naga, connait une situation semblable à celle de Tchout 1. Beaucoup d’hommes sont partis à Nouadhibou, la capitale commerciale et côtière de la Mauritanie, pour faire la pêche. Dans ce village,  les coopératives féminines de tissage et de petit commerce sont pratiquement les seules activités économiques qui permettent aux familles de survivre.

La production agricole a été inexistante cette année, et les éleveurs peinent à nourrir leurs animaux. Pour survivre, ils ont commencé à les vendre à bas prix. À ces problèmes s’ajoutent ceux liés à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement. L’unique source d’eau du village est un puits de 30 mètres de profondeur, qui sert à la fois aux populations et aux animaux.

Le village de Roti, a également souffert des effets du déficit pluviométrique. Les populations n’ont pas eu suffisamment d’eau pour les cultures pluviales et n’ont pas pu acheter des céréales résistantes à la sécheresse, qui sont de plus en plus chères. Normalement, le prix d’un sac de blé est de 12 EUR contre 20 à l’heure actuelle, disent les habitants du village.

A la différence des autres villages, les activités maraichères sont assez bien développées à Roti, avec quelques cultures de melons, niebé ou mil,  destinées à l’auto-consommation et à la commercialisation. Dans certains villages des régions du Brakna et Gorgol, le Croissant-Rouge mauritanien avec quelques sociétés nationales sœurs aident les populations à développer aussi des activités de maraichage et d’être moins dépendantes des cultures pluviales.

Malgré les effets du manque de pluies sur les récoltes et l’élevage, qui affectent des milliers de mauritaniens, on trouve encore des expériences positives comme celles de Roti et dans certaines localités du Brakna et Gorgol. Très souvent, les femmes sont les vecteurs du changement.




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