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Mauritanie : La malnutrition gagne du terrain

Publié: 22 décembre 2011 14:23 CET

Par Irene Peiro, Croix-Rouge espagnole

Houleye, Oggeinaba et Oumoann sont mères d’enfants malnutris, un problème endémique en Mauritanie, qui s’est accentué cette année à cause du déficit pluviométrique qui a eu des effets dévastateurs sur les récoltes et l’élevage. 

Houleye ne travaille pas, son mari non plus. Elle a quelques problèmes de santé mentale. Son mari, ancien militaire, a quant à lui, eu les doigts coupés suite à un accident lorsqu’il était dans l’armée. Sans revenus, le couple subvient aux besoins de ses sept enfants grâce à la solidarité des habitants de Gourelboubou, un village de plus de 2,000 habitants dans le département de Boghé. Cependant, un des leurs enfants souffre de malnutrition sévère. Houleye est également malnutrie, ce qui fait qu’elle n’a pas pu allaiter son enfant.

C’est un des cas de malnutrition dépisté par la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), pendant une mission d’évaluation de la sécurité alimentaire en Mauritanie. À Gourelboubou, où la culture et l’élevage ont souffert du manque de pluie, l’équipe a dépisté un deuxième enfant souffrant de malnutrition modérée. Même si son père travaille comme électricien dans les villages environnants, la famille a des difficultés pour nourrir ses cinq enfants. Sa mère, Oggeinaba, 23 ans, nous informe de l’absence de latrines pour son ménage.

Pour dépister les cas de malnutrition dans les villages visités, l’équipe dispose du matériel de base: bracelets pour mesurer le périmètre brachial, balance et toise. Les mesures sont prises pour tous les enfants âgés de 6 mois à 5 ans, ainsi que les mères allaitantes. Si le périmètre brachial est inférieur à 12,5 cm, L’enfant est pesé pour déterminer son rapport poids-taille. Si celui-ci se situe entre 60% et 80% du poids idéal, l’enfant souffre de malnutrition modérée. S’il est inférieur à 60%, il souffre de malnutrition sévère.

Bien que le fils d’Abdoulaziz, un autre habitant de Gourelboubou, ne souffre pas de malnutrition, ce dernier est inquiet. A deux ans et dix mois, il ne se nourrit que de  lait  et ne marche pas encore. Cependant, Abdoulaziz n’a pas les moyens d’amener son fils au dispensaire. Son travail à Boghé comme chauffeur de taxi ne lui permet de couvrir que les besoins les plus primaires. Le manque d’hygiène et le peu de moyens de subsistance sont parmi les principales causes de malnutrition en Mauritanie. Entre 10 et 15 pour cent de la population souffre de cette maladie, un pourcentage qui est encore plus élevé chez les enfants. Les enfants malnutris peuvent avoir des problèmes de croissance, problèmes qui seront irréversibles. Ils sont aussi plus vulnérables aux différentes maladies.

Mais les villages les plus pauvres ne sont pas les seuls à avoir des enfants malnutris. On trouve également des cas de malnutrition dans des villages possédant un cheptel conséquent. C’est le cas de Beeli Ourdi Baabaabe, dans le département de Boghé, où l’équipe de la FICR a détecté deux cas de malnutrition modéré parmi 30 enfants. Les enfants des villages ne souffrent pas seulement de la malnutrition, mais également du manque de personnel enseignant.

Dans un autre village du département de M’Bout, à Tchout 2, l’équipe de la FICR a dépisté deux cas de malnutrition modéré, sur 52 enfants dépistés. Oumoann Alassane, 25 ans, mère d’un des enfants malnutris, nous dit qu’ils n’ont pas de travail, son mari étant cultivateur – et la récolte cette année est inexistante. Ils vendent des têtes de bétail pour survivre, mais ne pourront pas subvenir très longtemps aux besoins de cette famille qui comporte déjà 7 membres, et dont le huitième est attendu prochainement.




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