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Namibie: le choléra sème l’inquiétude dans la capitale

Publié: 28 mars 2014 14:20 CET

Erin Law, FICR

Au fur et à mesure que nous passions devant des maisons,  situées sur des pistes boueuses et bordées de déchets, nous nous demandions combien de temps encore, nous allions continuer à marcher pour arriver à la maison de la femme aux yeux implorants. Pour les cinq équipes de volontaires de la Croix-Rouge namibienne qui naviguent entre ces routes sinueuses, sous la chaleur et la pluie, c’est une pénible journée dans ce quartier spontané, situé à la périphérie de la capitale namibienne, Windhoek.

Nous sommes ici pour évaluer la situation dans les quartiers spontanés suite à une épidémie de choléra qui s’est declarée au début de mois de février. C’est la première fois que le choléra est apparu à Windhoek. Il s’agit d’une souche différente de l’épidémie qui touchait les régions du Nord, et rien n’indiquait qu’elle allait se propager à travers la capitale, augmentant l’inquiétude des travailleurs de la santé. Il y a maintenant 39 cas suspects de choléra à Windhoek, dont trois sont confirmés. Après la mort d’un vieil homme de 60 ans à Katutura, une localité située à seulement huit kilomètres de la capitale, la Croix-Rouge namibienne a réagi rapidement. Cinq équipes de volontaires ont été déployées pour mener 25 entretiens avec des résidents pour mieux comprendre la situation et planifier une réponse.

Marea, qui nous supplie de faire quelque chose, est une villageoise avec qui, nous nous sommes entretenus. Au detour d’une rue, et après un saut maladroit sur une mare d’eau, nous arrivons chez elle. Là, devant sa cabane faite de tôles ondulées de zinc, se trouve un petit jardin, cultivé avec soin pendant de nombreuses années. Malgré sa fierté débordante, Marea vit tune situation désastreuse.

«Je ne sais pas ce qu’il faut faire. Nous ne pouvons pas utiliser les toilettes ici. Je suis inquiète pour mes filles»  explique-t-elle, en pointant du doigt l’endroit où se trouve une pièce nichée sur une pente rocheuse qui fait office de toilette. La seule du coin,  utilisée par une population estimée à 200 personnes. Une toilette sale, délabrée et dont les eaux usées dégoulinent sur une mare d’eau boueuse.

Les filles de Marea sont âgées de 14 et 9 ans. Elles n’utilisent pas la toilette, préférant se soulager au bord de la rivière. Une attitude qui aggrave le risque d’infection du choléra, car de nombreux habitants de cette localité collectent l’eau de la rivière pour faire la cuisine.

Dans toutes les quartiers spontanés à Windhoek, les rues sont surpeuplées et les toilettes peu nombreuses. A Katutura, où la première victime du cholera a été enregistrée, quelque 200’000 personnes vivent dans un campement ayant une capacité d’accueil de 45’000 personnes. Les toilettes qui sont disponibles sont  situées à proximité des maisons et sont pour la plupart crasseuses et délabrées. L’eau venant des toilettes délabrées et d’autres sources s’écoulent sur les routes et forment des mares d’eaux stagnantes; des endroits qui servent de lieux de jeux aux enfants qui y jouent avec des pneus.

Depuis novembre 2013, la Namibie est affectée par des épidémies de choléra qui ont touché les régions du nord: Kunene, Omusati, Oshana et Ohangwena. Quelque 504 cas ont été enregistrés avec 16 décès. L’éduation est cruciale, à la fois pour la prévention et le traitement précoce. Si les patients sont pris en charge rapidement, le taux de fatalité peut être moins d’un pour cent. Si les gens ne sont pas traités, la sévérité de la diarrhée liquide et les vomissements peuvent les tuer dans quelques heures.

En voulant savoir où se situaient les besoins de la communauté et comment y apporter les meilleures réponses, Abia Uhongora, Responsable régional de la Croix-Rouge à Khomas, a conduit  les volontaires du bureau régional aux quartiers spontanés de Windhoek. Le personnel du siège a également renoncé au repos du  week-end pour se joindre à l’équipe d’évaluation rapide. C’est le type d’information collectée lors des évaluations qui aidera à guider les messages et interventions pour ces communautés et potentiellement conduire à moins de pertes en vies humanaines dues au choléra.




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