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Remoteness no protection from HIV/AIDS for Namibia’s Himba

Publié: 23 septembre 2003 0:00 CET

Marko Kokic in Opuwo

“Comment allons-nous convaincre nos jeunes d’utiliser ces choses?”, s’interroge un ancien de la tribu Himba, observant avec scepticisme des volontaires de la Croix-Rouge appliqués à enseigner le mode d’emploi du préservatif au moyen d’un pénis en bois. La question est simple, mais l’enjeu est des plus graves pour cette petite communauté d’éleveurs du nord-ouest de la Namibie.

En marge du processus de la mondialisation, les Himba ont jusqu’ici préservé l’essentiel de leur mode d’existence traditionnel. Leur économie et leur conception de l’univers sont basés sur le bétail. Mais certaines de leurs coutumes favorisent la propagation du VIH/sida et menacent leur survie. Les Himba pratiquent la polygamie. Les hommes d’un certain âge, riches en bétail, prennent couramment plusieurs femmes. L’activité sexuelle est très précoce, les mariages sont arrangés et la plupart des femmes tombent enceintes très jeunes.

Ainsi, Tjingee, qui s’est mariée depuis, a eu sa première relation sexuelle un mois seulement après avoir atteint l’âge nubile. “Sitôt après mes premières règles”, raconte-t-elle, “ma sœur aînée m’a dit que je devais coucher avec un homme – mon cousin. Je ne savais pas que cela sous-entendait un rapport sexuel.”

La majorité des femmes Himba ont plusieurs amants. “J’ai trois jeunes amis en plus de mon mari”, confesse Tjingee. “Quand une femme mariée n’a pas d’amant, les autres femmes se moquent d’elle”, explique-t-elle.

“Souvent, les femmes séjournent dans des pâturages éloignés, cependant que leurs maris restent au village”, note Charles Varije. “Ces séparations sont propices aux relations extraconjugales.” Officiellement, la société Himba regarde l’adultère comme une faute et tout homme reconnu coupable de ce méfait est passible d’une amende de douze têtes de bétail. Néanmoins, cette pratique est courante. Ainsi, il n’est pas rare qu’un homme offre la compagnie d’une de ses épouses à un neveu de passage.

Tjingee n’est pas alarmée par la perspective d’être mise enceinte par un de ses amants. “Si cela arrive”, déclare-t-elle, “je dirai à mon mari que c’est son enfant.” Le fait est que, chez les Himba, la responsabilité de l’enfant relève davantage de la structure familiale que de la biologie. Tout enfant mis au monde par une femme mariée est reconnu comme l’enfant de l’époux, qu’il en soit ou non le géniteur. L’enfant d’une femme non mariée est considéré comme son frère ou sa sœur et relève de l’autorité des parents de la mère.

Les enfants jouent un rôle clé dans la culture Himba. Ils participent activement aux soins des troupeaux et représentent pour les parents une garantie de soutien en fin de vie. “Chez les Himba, on n’est pas un être à part entière si on n’a pas d’enfants”, souligne Varije.

Toutefois, certaines traditions tendent à s’éteindre. “Les Himba ont commencé à épouser des membres d’autres tribus locales, ce qui les expose à la contamination par le VIH”, poursuit Varije. L’année dernière, on a recensé sept cas de VIH/sida à Opuwo et dans les environs. Plusieurs des personnes touchées étaient des Himba.

Si quelques membres de la communauté semblent peu à peu prendre la mesure du danger qui les menace, le combat est loin d’être gagné. “Une maladie qui risque de vous tuer d’ici une dizaine d’années n’est pas un sujet d’alarme pour les plus âgés”, note Moms Mutambo, volontaire Himba de la Croix-Rouge.

Avec ses collègues, Mutambo s’efforce de persuader au moins la jeune génération d’utiliser des préservatifs. Le fait que plusieurs volontaires soient eux-mêmes membres de la communauté Himba donne un certain crédit à leur message. Mais peut-on vraiment espérer un changement radical au sein d’une communauté si profondément enracinée dans ses traditions?

“Je pense que les gens utiliseront des préservatifs si ils comprennent l’importance vitale de cette précaution”, déclare Kautorona Muharukua, volontaire Croix-Rouge et membre de la tribu Himba. “Tout dépend de l’information que nous leurs donnerons.”
“Certains nous écouteront et vivront, d’autres ignoreront nos conseils et mourront”, conclut Mutambo.

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