IFRC

Sahel: Une crise en permanence?

Publié: 26 février 2014 6:14 CET

Chiran Livera est coordinateur des opérations au bureau régional de la FICR pour le Sahel. Ci-dessous, il explore l’impact de l’aide humanitaire récurrente dans le Sahel et si la Croix-Rouge Croissant-Rouge fait assez. Tu peux contacter Chiran directement à chiran.livera@ifrc.org.

Je me suis rendu au sommet d’une colline surplombant le fleuve Niger. Cette vue impressionnante m’a permis de voir comment une inondation peut causer tant de dégâts dans une zone qui, il y a quelques mois a été touchée par la sécheresse.

En tant que responsable de la réponse aux catastrophes à la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), mon rôle est de soutenir les Sociétés Nationales dépassées par des situations de catastrophe. Dans la région du Sahel, c’est un travail à temps plein car nous avons beaucoup de catastrophes. En une seule année, comme l’année dernière par exemple, la région a connu à la fois, la sécheresse, des inondations, des épidémies et des mouvements de population avec des milliers de personnes fuyant leur pays pour une raison ou une autre. Certains des pays les plus vulnérables en Afrique se trouvent dans cette région, avec des infrastructures et des systèmes inadéquats et incapables de gérer la multitude de catastrophes. La Croix-Rouge Croissant-Rouge joue un rôle important, car les Sociétés Nationales ont d’excellents réseaux de volontaires et travaillent souvent en partenariat avec les autorités et d’autres organismes pour aider les plus vulnérables. C’est un atout essentiel qui nous permet d’utiliser nos points forts et d’atteindre les populations les plus touchées.

Quand une catastrophe se produit, mon premier appel téléphonique est destiné à la Société Nationale pour demander comment elle a réagi et s’il y a quelque chose que la FICR peut faire. Beaucoup de Sociétés Nationales répondent chaque semaine à des catastrophes, loin des objectifs et caméras des médias. C’est seulement lorsque les catastrophes sont de grande ampleur qu’elles demandent une assistance. Nous avons d’excellents outils à la FICR pour soutenir les Sociétés Nationales en cas de catastrophe, que ce soit sous forme d’appuis financiers, de fourniture de stocks de matériels ou de déploiement de personnel technique. Je gère ce système et travaille à renforcer les structures locales. En réalité, les volontaires au niveau communautaire font la plupart du travail sur le terrain et leur soutien est apprécié.

Au Niger, nous répondons aux inondations qui ont eu lieu dans plusieurs régions du pays. Je suis ici pour travailler avec mes collègues dans le but de superviser l’opération et voir quelles sont les améliorations à apporter. L’équipe m’a rapporté le bonheur et la satisfaction des gens que nous assistons mais ils nous demandent de faire plus. C’est un sentiment général noté au Sahel - que nous devons faire plus pour réduire les vulnérabilités. Les populations au Niger, à l’instar d’autres pays de la région, sont confrontées tous les ans, aux mêmes types de catastrophes. Leur résilience s’est érodé et il devient de plus en plus difficile pour eux de faire face.

A mon retour au Sénégal , je continue à réflèchir à ce dilemne dans mon bureau. Être efficace pour réduire les risques et les vulnérabilités dans la région n’est pas facile, mais nous faisons des progrès. Nos opérations de secours sauvent des vies et donnent aux gens l’occasion de jouer un rôle important dans leur propre rélèvement.

 




Carte


La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge constitue, avec ses 190 Sociétés nationales membres, le plus vaste réseau humanitaire du monde. En tant que membres du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous sommes guidés dans notre travail par sept Principes fondamentaux: humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalité.