IFRC


La campagne pour la couverture universelle par les moustiquaires dans l’Etat de Cross River, Nigeria

Publié: 24 avril 2012 15:25 CET

Après les premières inondations des pluies d’été, la plupart des routes restent impraticables pendant de longues périodes. Dans l’Etat de Cross River, la piste menant à Bazohure est totalement défoncée, mais Awara Rekpene Sunday et son équipe de volontaires Croix-Rouge parviennent néanmoins à progresser en direction du village où ils doivent livrer des moustiquaires provenant de l’entrepôt du gouvernement local.

Un peu plus de 3000 volontaires communautaires de la Croix-Rouge du Nigeria ont été formés à mener des campagnes de distribution et de sensibilisation à l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide de longue durée, dans l’objectif de parvenir à une couverture universelle dans l’Etat de Cross River. Ils ont également été formés à diffuser des messages sur l’utilisation et l’entretien des moustiquaires.

Lors de leurs visites domiciliaires, Awara et ses collègues ont eux-mêmes installé ces vitales protections au moyen de clous, de corde et de marteaux mis à leur disposition dans le cadre du projet. A cette occasion, ils se sont heurtés à une sérieuse difficulté: de nombreuses habitations ont des murs en boue séchée étalée sur une armature en bambou qui n’offrent pas de surfaces suffisamment robustes pour y accrocher les moustiquaires. Pour résoudre le problème, les volontaires se sont appliqués à sonder délicatement les murs pour localiser des cannes de bambou enfoncées dans le sol et y planter des clous. Cette ingénieuse solution ne fonctionnait toutefois pas dans tous les cas, certains murs étant trop épais pour la longueur des clous; il a fallu alors attacher les moustiquaires au moyen de cordes fixées aux solives du toit. «C’était stressant», raconte Awara, un instituteur local âgé de 29 ans. «Néanmoins, nous avons réussi à force de persévérance à équiper la totalité des maisons.»

Chacun sait que Nigeria est le pays le plus peuplé du continent africain. Ce que beaucoup ignorent, en revanche, c’est que les 158 millions d’habitants subissent une part disproportionnée du fléau du paludisme, avec environ 25% de la charge de morbidité totale de l’Afrique subsaharienne. Dans ces conditions, le combat contre cette maladie ne pourra pas être gagné tant qu’elle subsistera au Nigeria. Dans l’Etat de Cross River, la distribution de 1 159 061 moustiquaires imprégnées d’insecticide constitue un encourageant signe d’espoir et une contribution majeure à l’effort national pour vaincre cette affection mortelle.

Les volontaires de la Croix-Rouge accrochent les moustiquaires au-dessus des lits et autres lieux de couchage – souvent de simples nattes ou matelas en mousse posés à même le sol et mis de côté pendant la journée. C’est un rude travail. Dans la minuscule hutte sans fenêtre de Blessing Benard Omet, par exemple, il fait beaucoup plus chaud qu’à l’extérieur, où règne pourtant une température déjà bien assez élevée. Avec la pluie, l’air est saturé d’une humidité qui rend tout mouvement extrêmement pénible. Blessing est une jeune maman de 17 ans qui vit avec son bébé d’un mois au sein d’une maisonnée comptant sept personnes. Le logement dispose de deux moustiquaires – le maximum que les volontaires de la Croix-Rouge aient pu installer dans l’espace très confiné. Néanmoins, explique Blessing, la famille s’arrange pour que chacun dorme à l’abri, grâce à quoi le foyer est exempt de paludisme.

Mary James Egon, 62 ans, jouit d’un peu plus de place dans sa maison où elle élève sa petite-fille Lydia et une de ses camarades. Elle dispose à présent d’une moustiquaire pour protéger toute la maisonnée et se sent ainsi beaucoup plus tranquille, compte tenu en particulier de la présence d’enfants en bas âge.

Reverend John a supervisé une équipe de dix-sept volontaires de la Croix-Rouge dans le district de Biko-Biko. Entre le 21 mai et le 6 juin 2011, ils ont distribué et installé quelque 5000 moustiquaires, soit plus de 20 par jour et par personne en moyenne, travaillant sans relâche six jours par semaine. C’est un score impressionnant pour une seule équipe.

L’enquête RAMP (Rapide Mobile Phone-based) conduite en juin 2011 par des volontaires de la Société nationale ont révélé des taux d’accrochage des moustiquaires atteignant 84% après la première phase de distribution, un résultat largement imputable aux volontaires de la Croix-Rouge qui vivent au sein même des communautés visées par la campagne.




Carte


La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge constitue, avec ses 190 Sociétés nationales membres, le plus vaste réseau humanitaire du monde. En tant que membres du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous sommes guidés dans notre travail par sept Principes fondamentaux: humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalité.