IFRC


Nigeria: une catastrophe qui se déroule deux mois après les pires inondations en 40 ans

Publié: 25 novembre 2012 20:06 CET

Par Moustapha Diallo au Nigeria

Les stigmates laissés par les inondations dévastatrices au Nigeria sont encore vivaces dans de nombreuses communautés. Les eaux de pluie se sont retirés mais une nouvelle catastrophe se déroule maintenant. Les quelques personnes qui retournent dans leurs villages les ont trouvé complètement dévastés par la furie des eaux. La plupart ressemblent à des villages fantômes - maisons en ruines réduits à des tas de pierres, de bois et de feuilles de zinc.

Dans le village de Ozahi, dans l’Etat de Kogi, toutes les maisons sont détruites ou gravement endommagées par les fortes pluies. Mohamed Ousman, âgé de 47 ans et père de huit enfants, est le premier à avoir regagner sa maison dans son village. Il y a deux mois, 1000 personnes vivaient ici.

« J’ai tout perdu, y compris mon enfant de dix ans, emporté par les inondations», explique Mohamed Ousman, alors qu’il tente de récupérer quelques plaques de tôles de zinc et de bois dans les décombres de sa maison. «Les pluies ont détruit nos cultures et emporté nos vivres et nos biens. Rien n’a été épargné, pas même notre bétail »

Plus de 125 familles issus de son village sont actuellement hébergées dans une école primaire à Ozi, dans l’Etat de Kogi. Les conditions de vie sont pathétiques. Quatre ou cinq familles se partagent une petite pièce avec des nuées de moustiques qui bourdonnent autour de leurs têtes. Ils veulent tous rentrer à la maison, mais ne savent pas comment. Sans argent et sans assistance, il leur sera difficile de reconstruire leurs vies.

Dans le camp mis en place par le gouvernement local, non loin de Ozi, les 35 familles déplacées qui y sont installées luttent également pour leur survie. L’aide fournie par le gouvernement et la Croix-Rouge ne suffit pas à couvrir leurs immenses besoins.
«Tout manque ici ; nourriture, latrines, abris, eau et articles de ménages», explique Mohamed Momo, porte-parole des familles logées dans le camp de Ozi.

En fin août, le Nigeria a connu les pires inondations depuis 40 ans. Celles-ci ont touché 33 des 36 Etats que compte le pays. Au plus fort de la crise, la montée des eaux a conduit plus de deux millions de personnes hors de leurs habitations.

La Croix-Rouge nigériane, avec le soutien de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, est l’une des rares oranisations sur le terrain à apporter son aide. Un appel d’urgence de 3,4 millions de francs suisses a été lancé pour soutenir 50’000 personnes pendant un an. Des articles de secours, y compris des kits d’abris et des bâches ont été distribués. Du soutien psychosocial et des premiers soins ont été également apportés aux populations.

Mais la catastrophe est loin d’être terminée. Des milliers de familles sont toujours déplacées et logées dans des camps et des écoles. Il leur faudra des mois pour se remettre du choc qu’elles ont vécu. Avec des stocks d’urgence en voie d’épuisement, l’aide est maintenant nécessaire.




Carte


La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge constitue, avec ses 190 Sociétés nationales membres, le plus vaste réseau humanitaire du monde. En tant que membres du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous sommes guidés dans notre travail par sept Principes fondamentaux: humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalité.