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Sahel : Migration précoce pour éviter la sécheresse et la misère

Publié: 7 février 2012 17:00 CET

Par Moustapha Diallo, IFRC

A Diakassdé, un village d’agropasteurs situé au nord du Sénégal, les récoltes de l’année dernière ont été quasi-inexistantes. Le manque de pluie a gravement affecté la production agricole et le cheptel, laissant les populations dans une situation alimentaire difficile.

« Les greniers sont vides et il n’y a plus de fourrage pour nos troupeaux » explique Salif Sy, un habitant du village.

Dans cette zone pauvre située sur la bande sahélienne, la dernière pluie a été enregistrée il y a juste trois mois, mais la végétation a déjà disparu et les niveaux des points d’eau sont devenus très bas s’ils ne se sont pas déjà taris. Du coup, Diakassdé se vide de sa population;  les habitants ont quitté à cause de la crise alimentaire qui se profile et qui pourrait avoir un effet dévastateur.

La route qui mène à ce village est une piste rocailleuse, longue de plusieurs kilomètres et particulièrement difficile. Plus de trois quart de la population a déjà quitté le village en raison de la pénurie alimentaire.

Pour survivre, les populations restées dans le village bradent leur bétail pour pouvoir s’acheter du riz et du mil et subvenir à quelques besoins primaires de leurs familles. Mais les prochaines récoltes sont attendues dans un peu moins de neuf mois et l’attente risque d’être longue, même pour les plus stoïques. La faiblesse des pluies de l’année dernière a eu des effets dévastateurs sur les récoltes et l’élevage, et rien n’indique que le prochain hivernage sera bon.

Diakassdé était bien connu pour son élevage prospère, mais aujourd’hui il est difficile d’y trouver des troupeaux. Seuls quelques brebis errent dans le village à la recherche désespérée d’herbe à brouter.

Face à l’angoisse de la pénurie alimentaire, du manque d’eau, de pâturage et des lendemains incertains, Salif Sy a décidé de quitter son village comme la grande majorité des habitants de Diakassdé.

« Nous vendons notre bétail pour survivre et au rythme où nous le faisons, il ne va nous rester plus rien car la prochaine récolte est lointaine» indique Salif Sy.

Le soleil est au zenith et la température extérieure est proche de 40 degrés. Un vent chaud souffle sur Diakassdé, secouant quelques toits de chaume. C’est le moment choisi par Salif Sy et son épouse pour tourner le dos, à un village, auquel ils étaient si attachés, mais qui ne peut plus rien leur offrir aujourd’hui.

Cette année, les pénuries alimentaires et le déficit fourragé ont obligé des milliers d’agropasteurs du Sahel à migrer plus tôt vers des zones plus clémentes, à la recherche de nourriture et de pâturages. 

Plus de onze millions de personnes au Sahel sont menacées par des pénuries alimentaires sévères, suite aux mauvaises récoltes dues au déficit pluviométrique et des attaques des ennemis des cultures, dans un contexte de renchérissement des prix des denrées alimentaires. Les pays les plus touchés sont le Niger, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Burkina Faso et quelques zones localisées du Sénégal. la situation pourrait dégénérer en une crise humanitaire majeure si des mesures urgentes ne sont pas prises dès maintenant.




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