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La Croix-Rouge des Seychelles fait entendre sa voix

Publié: 4 novembre 2005 0:00 CET

Falko Siewert/German Red Cross in Seychelles

“Voilà”, commente Roy Nibourette, 43 ans, chargé de programme à la Croix-Rouge des Seychelles en appuyant sur les touches de son téléphone mobile. “C’est la dernière alerte au tsunami que j’ai reçue par SMS du Centre de gestion des catastrophes. Il y en a eu plusieurs autres au cours des semaines écoulées, mais, à chaque fois, on nous a fait savoir que nous pouvions baisser la garde. Dieu merci!”

Et si l’alerte était vraiment sérieuse et qu’un tsunami comme celui du 26 décembre 2004 se dirigeait vers les côtes des Seychelles? Roy disposerait alors de quatre heures pour rameuter ses volontaires, qui se précipiteraient sur les plages proches des grands hôtels afin de passer le message aux baigneurs et aux promeneurs.

Comment s’y prendraient-ils? En faisant de grands gestes de la main et en s’époumonant? La tâche serait au-dessus de leurs forces. Heureusement, la Croix-Rouge allemande a offert à ses collègues de la Croix-Rouge des Seychelles des mégaphones, ainsi que des gilets de sauvetage et des grappins pour attraper les personnes qui risqueraient d’être entraînées par les courants marins. Tous ces équipements sont indispensables pour permettre à Roy et à ses volontaires de mieux répondre à de futures catastrophes.

“Oui”, poursuit Roy, “nous avons de la chance de vivre au paradis, mais, depuis le 26 décembre, nous savons que l’impression de sécurité et de liberté qui se dégage de nos îles peut n’être qu’une dangereuse illusion.”

Pour les habitants des Seychelles, l’arrivée, le 12 avril 2005, de l’énorme quadrimoteur Antonov à l’aéroport international de Mahé a été un grand moment. A bord se trouvait un chargement d’une valeur de 240 000 euros – équipements pour la prévention des catastrophes, médicaments, chaises roulantes, tentes, génératrices, pompes à eau et autres matériels d’urgence offerts par la Croix-Rouge allemande. L’avion apportait également deux voitures, les premiers véhicules officiels de la Croix-Rouge des Seychelles en quinze ans d’histoire. Jusqu’alors, la Société nationale dépendait entièrement de véhicules privés pour ses activités courantes, exception faite des ambulances.

“Nous sommes extrêmement reconnaissants à la Croix-Rouge allemande”, déclare Collette Servina, présidente de la Croix-Rouge des Seychelles. “Nous espérons pouvoir travailler durablement avec elle.”

Le tsunami du 26 décembre et les pluies torrentielles qui ont balayé l’archipel deux jours plus tard ont montré combien il est important de se préparer en prévision des catastrophes.

Certes, au regard d’autres pays touchés par le tsunami, on pourrait considérer que les Seychelles s’en sont relativement bien tirées, avec seulement trois morts, 57 blessés et 500 sans-abri. Toutefois, ce bilan masque des souffrances que les chiffres sont impuissants à traduire. De fait, la catastrophe a durement affecté les conditions d’existence d’une multitude de pêcheurs et de cultivateurs à travers tout l’archipel.

Aussitôt après le tsunami, la Croix-Rouge allemande avait dépêché une équipe de spécialistes chargés d’aider la Croix-Rouge des Seychelles à évaluer les dommages et les besoins. Si la fourniture de médicaments de base et de services de premiers secours est apparue comme la priorité la plus pressante, il a également été question de développer des systèmes d’alerte anticipée et de renforcer les capacités de gestion des catastrophes. Comme dans tous les pays affectés par la tragédie du 26 décembre, il s’agissait pour les Seychelles de trouver des moyens de prévention adaptés au contexte local. Dans cette optique, la Croix-Rouge allemande a résolu d’aider la Société nationale à former ses volontaires et employés à diffuser des messages d’alerte anticipée, à consolider ses capacités de premiers secours en cas d’accidents de la route ou en mer, et à renforcer la sensibilisation au VIH/sida.

Suite à la collaboration nouée entre les deux organisations, la Croix-Rouge des Seychelles est aujourd’hui en mesure d’offrir un nombre sensiblement accru de cours de premiers secours, comme celui qui est proposé à l’English River Clinic de Victoria.

“Les gens manifestent beaucoup d’intérêt pour cette formation”, note Roy Nibourette. “Après la tragédie du tsunami, ils ont pu juger de l’utilité de la Croix-Rouge. Depuis, nous avons recruté de nombreux nouveaux volontaires qui nous ont apporté un regain d’énergie et d’enthousiasme.”

La Croix-Rouge des Seychelles a formé 300 personnes aux premiers secours durant les cinq dernières années. Soixante d’entre elles travaillent aujourd’hui comme volontaires au sein de l’organisation. Dans un proche avenir, celle-ci prévoit de conduire des séminaires de formation dans des hôtels, parmi le corps enseignant et auprès des forces de police.

La Société nationale compte par ailleurs développer ses activités de sensibilisation au VIH/sida.

“La Croix-Rouge des Seychelles souhaite mettre sur pied des campagnes d’éducation sur la place publique afin de faire reculer l’opprobre et la discrimination”, explique Bettina Burgthaler, chef du bureau régional de la Croix-Rouge allemande à Nairobi, au Kenya. “En décembre 2004, on recensait 203 personnes séropositives au VIH dans l’archipel. De janvier à mars 2005, le taux de contamination a été relativement élevé, avec dix-sept nouveaux cas déclarés. Cependant, compte tenu de l’opprobre qui entoure la pandémie, les chiffres réels sont probablement plus importants encore et de nombreuses personnes viennent nous voir seulement quand elles sont très malades”, poursuit-elle.

En complément des cours d’éducation, la Croix-Rouge s’efforce de toucher la population à travers des campagnes d’affichage et des distributions de brochures d’information.

La Croix-Rouge allemande finalise en ce moment un accord de coopération sur cinq ans prévoyant un soutien financier et organisationnel en faveur de la Croix-Rouge des Seychelles.




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