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Sierra Leone - L’histoire de Kalie : respect de soi et rêve d’après-guerre

Publié: 31 mars 2011 14:06 CET

Assis à l’ombre d’un arbre, Kalie Kamara, 18 ans, parle de son amour du football et de son enthousiasme à la perspective de travailler dans la construction. En douze mois, il a parcouru un chemin impressionnant.

Il y a un an encore, en effet, l’avenir lui apparaissait complètement bouché. Kalie n’est qu’une parmi la multitude des jeunes victimes d’une décennie de guerre civile qui avait ravagé la Sierra Leone jusqu’en 2002.

Agé de quatre ans, il a vu son grand-père se faire tuer par un jeune combattant. Après cela, il a lui-même passé la majeure partie de son enfance parmi les belligérants. Au début, il vaquait aux corvées ménagères dans la maison du commandant, car il était trop petit pour pouvoir porter les lourds fusils qui équipaient les soldats. Plus tard, on l’a formé au combat et envoyé au front.

Retour à la maison

Après la guerre, les jeunes comme Kalie ont été confrontés à d’énormes difficultés en rentrant chez eux. Souvent, ils étaient rejetés par leur communauté à cause du rôle qu’ils avaient joué dans le conflit.

“Au lendemain de la guerre”, raconte-t-il, “j’ai vécu une existence misérable. Je buvais, je volais, j’étais désespéré. Malgré l’insistance de mon ami, je refusais d’aller à la Croix-Rouge. J’étais trop malheureux.”

Finalement, son ami a réussi à le convaincre de se présenter au centre de protection et de réhabilitation des enfants-soldats administré par l’organisation, ce qui lui a permis de se réconcilier peu à peu avec son douloureux passé. “J’ai énormément changé au cours de l’année écoulée, en grande partie grâce au personnel du centre”, confesse Kalie.

L’horizon se dégage

Outre de conseils et de réconfort, Kalie a bénéficié d’une instruction et d’une formation professionnelle qui l’aideront à reconstruire son existence brisée par la guerre. Parmi les métiers enseignés au centre, il a choisi celui du bâtiment. Aujourd’hui, il consacre son temps libre à aider ses voisins à remettre en état leurs maisons et s’applique à transmettre son savoir-faire aux membres de la communauté.

Mais Kalie a appris davantage qu’un moyen de subsistance. “J’ai retrouvé le respect de moi-même et je veux devenir un individu responsable. Je suis retourné dans mon village et j’y ai bâti une maison de deux pièces. C’est quelque chose dont je suis fier.

“J’ai trouvé un entrepreneur qui va m’embaucher comme apprentis. Je suis sûr que ma volonté et mon travail me permettront d’aller de l’avant une fois que j’aurai terminé mon apprentissage. Mon rêve est de devenir quelqu’un, un membre respecté de ma communauté.”




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