IFRC

Les inondations continuent de faire des victimes au Togo

Publié: 28 septembre 2007 0:00 CET

Moustapha Diallo in Agotimé-Akoumassi

Alors que les stigmates des inondations qui ont frappé le nord du Togo sont encore vivaces, des pluies diluviennes viennent d’inonder le village d’Agotimé-Akoumassi, situé dans la préfecture d’Agou à 150 km de la capitale Lomé, en plein cœur de la région des plateaux. Dans cette localité fertile, bordant la frontière ghanéenne, les populations vivent un calvaire.

Les récentes pluies diluviennes qui se sont abattues dans la zone ont provoqué une crue de la rivière prélevant ainsi un lourd tribut aux populations. Elles ont détruit des habitations et ravagé des cultures entraînant le déplacement de prés d’un millier de personnes.

« Nous avons tout perdu. Les pluies ont détruit nos concessions, emporté nos vivres et nos biens personnels. Nos champs ont été inondées, même le bétail n’a pas été épargné » souligne Tété Koffi Emmanuel, Chef du groupe de l’Ecole A où prés de sept cents personnes sinistrées ont été relogées.

« Quelques centaines de personnes sont encore coincées par les eaux et vivent isolées dans l’autre partie du village. Pour le moment, elles n’ont reçu aucune assistance » poursuit-il. Le seul pont qui permettait de communiquer avec le reste de la localité s’est effondré sous la violence des flots, un pont rudimentaire pas assez solide pour résister à de pareilles précipitations. Par bonheur, aucune perte en vue humaine n’est enregistrée.

Les volontaires de la Croix Rouge Togolaise ont été les premiers à se mobiliser dès le début de l’inondation pour aider à l’évacuation des victimes. Ils ont aidé les familles sinistrées à extraire de l’eau, ont distribué des nattes et assuré des premiers soins et des conseils de santé aux victimes. Ils ont également assuré la restauration des populations déplacées.

Malgré cet appui de la Croix Rouge et quelques sacs de riz fournis par les autorités de la préfecture d’Agou, la situation reste alarmante. Pour l’heure donc, la santé et la nourriture constituent des priorités.

« Il y a une flambée des cas de diarrhée, de gastro-entérite et de paludisme dans la zone » constate Ozou Kokar, Infirmier chef de Poste à Agotimé Adamé. Une situation qui a amené le District d’Agou « à purifier l’eau des puits ».

Pour Prempay Laté, Président du CVD (Comité Villageois de Développement) d’Agoutimé Akoumassi, Chef du Groupe de l’Ecole B où sont relogées plus d’une centaine de personnes sinistrées « les populations ont un besoin urgent en nourriture. Nous sommes désespérés et n’avons plus rien. Les quelques sacs de riz qu’on nous avait offert sont presque finis ».

Un cri du cœur qui contraste avec la générosité du sol et l’exubérance de la verdure qui se dresse à perte de vue. A Agoutimé-Akoumassi, pèse une menace de crise alimentaire. De nombreux hectares de champs de maïs, alimentation de base des populations locales, ainsi que les réserves céréalières ont été anéantis par les eaux. De nombreux animaux domestiques ont également péri durant ces inondations, affectant gravement les moyens de subsistance des populations sinistrées.

La situation reste également préoccupante au nord du pays, précisément dans la région des savanes. L’ampleur des inondations dans cette partie du pays avait poussé le gouvernement à lancer un appel à l’aide internationale.

Les volontaires de la Croix Rouge Togolaise ont joué un rôle actif dans les opérations d’évacuation des populations sinistrées de cette région. Ils ont déjà distribué 41 tonnes de maïs fournis par le PAM à 820 familles victimes des inondations et poursuivent la distribution de kits d’hygiène fournis par l’UNICEF (jerricans, savons, tablettes d epurification, bidons…) dans la région. Ils mènent parallèlement des activités de sensibilisation sur le paludisme et des maladies liées à l’eau. Les eaux stagnantes étant favorables à la prolifération des moustiques, vecteurs de paludisme.

Même si on note une stabilisation progressive de la situation dans la région des savanes, « il faut une surveillance accrue du fait des risques habituels liés aux inondations » souligne Richard Fradin, Chef de l’Equipe d’évaluation envoyée au Togo par la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

La Fédération internationale a lancé un appel d’urgence combiné d’un montant de 2,5 millions de francs suisses (euro 1,5 million/USD 2,1 millions) pour ses opérations au Ghana et au Togo. Cela consistera, entre autres, à fournir aux communautés sinistrées des semences et des outils qui leur permettront de restaurer leur autosuffisance.




Carte


La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge constitue, avec ses 190 Sociétés nationales membres, le plus vaste réseau humanitaire du monde. En tant que membres du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous sommes guidés dans notre travail par sept Principes fondamentaux: humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalité.