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Seuls et fuyant la violence au Soudan du Sud: Le voyage difficile des jeunes enfants

Publié: 27 mars 2014 14:50 CET

Susan Onyango, FICR

Les enfants souffrent souvent le plus dans les situations de conflit parce qu’ils sont trop jeunes pour se protéger contre les effets dévastateurs de la violence. Les plus malchanceux finissent par être séparés de leurs parents ou tuteurs et se retrouvent seuls sans assistance. De nombreux enfants sud-soudanais ont vécu cette expérience. Faire seuls un long voyage remplis d’incertitudes et d’embûches en fuyant le danger qui sévissait chez eux.

«La Croix-Rouge identifie les mineurs non accompagnés, lorsque les réfugiés entrent dans un pays. Devant  l’insuffisance des infrastructures pouvant accueillir ces enfants, les plus jeunes sont confiés à des familles d’accueil. Au même moment des efforts sont entrepris pour retrouver leurs parents ou des proches» explique Akasa Adiges, le point focal du rétablissement des liens familiaux à la branche locale de la Croix-Rouge Ougandaise à Adjumani. «Parfois nous réussissons à réunir les familles. Et si nous n’y parvenons pas nous plaçons les enfants sous la protection d’une famille d'accueil»

Tabitha Yar Ajieth, 26 ans, mariée et mère d’un enfant, est  réfugiée dans le camp, situé au nord de l’Ouganda depuis décembre 2013. Son mari est retourné depuis un moment à la maison au Soudan du Sud, le laissant seule s’occuper de trois de ses cousins ​​âgés entre trois et six ans.

«Lorsque les combats ont éclaté, mes jeunes cousins ​​étaient seuls à la maison. Ils ont suivi les foules de personnes qui fuyaient, ignorant totalement leur destination» explique Tabitha. «Un homme les a trouvés et s’est occupé d’eux pendant tout le voyage jusqu’à ce qu’ils arrivent en Ouganda. Il me les a remis parce qu’il savait nos liens de parenté»

Les rations alimentaires que Tabitha reçoit ne sont plus suffisantes pour elle et ses cousins​​, car ces derniers ne sont encore enregistrés. Ils ont eu la chance d’obtenir quelques vêtements. Malgré les conditions difficiles dans le camp, elle est heureuse de s’occuper des enfants.

La Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a lancé un appel d’urgence de 1’722’559 francs suisses pour permettre à la Croix-Rouge de Ougandaise de fournir une aide indispensable à ces réfugiés.

Beaucoup de réfugiés en provenance du Soudan du Sud ne se contentent pas seulement d’accepter l’aide des organisations comme la Croix-Rouge. Ils se battent pour bâtir leur propre avenir et ont des idées pour y parvenir. La semaine prochaine sur www.ifrc.org/afrique, nous allons rendre visite à Philip Alier Achiek, père de quatre enfants, qui veut créer une coopérative avec ses compatriotes réfugiés dans le but de s’assurer que leurs familles sont bien prises en charge.

 




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