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“De petites choses” causent de grands effets pour les populations affectées par les inondations au Zimbabwe

Publié: 26 février 2014 12:25 CET

Hansika Bhagani, FICR

Face à la montée des eaux de crue dans son village de Chivi, au sud du Zimbabwe, Isaiah Taruvnga a réussi à sauver une paire de pantalons, quelques vêtements appartenant à ses enfants et quelques autres articles. Avec leurs maigres biens, Isaiah, sa femme et ses cinq enfants ont fait des kilométres pour s’installer d’abord à l’école secondaire de Kushinga, avant d’être transférés au principal camp de transit de Chingwizi.

Isaiah et sa famille ont rejoint près de 300 autres familles dans le camp qui grandit  tous les jours et qui a une capacité d’accueil de plus de 2’500 familles. Ils occupent maintenant la tente numéro 16 qui leur fait office de maison.

Ils ont été chassés de Tokwe-Mukosi, dans la province de Masvingo, par les inondations provoquées par des fortes et inattendues pluies qui se sont abattues pendant des semaines et qui ont submergé des cultures et emporté des biens. « Cette année a été différente des autres années. Il ne pleuvait pas assez pendant les années passées. Mais cette année, nous ne savons pas comment Dieu a planifié tout cela. C’était trés fort» explique Isaiah.

«Quand nous étions arrivés ici, il faisait nuit et il pleuvait abondamment et ils ont érigé ces tentes» explique Isaiah. « il fait parfois froid. Nous n’avons pas assez de couvertures. On nous a seulement donné deux couvertures alors que nous sommes une grande famille. Comment pouvons nous partager ces petites couvertures? »

Pendant qu’ils attendant des sites de réinstallation où ils peuvent commencer à reconstruire leurs vies, Isaiah et sa famille essaient de garder espoir dans ces conditions de vie lamentables.

Le manque d’infrastructures est un problème majeur, explique Isaiah. «Ce camp est maintenant trop grand. Nous avons un besoin urgent de toilettes et de nourriture. L’état des toilettes est très, très mauvais ici. Nous n’avons pas suffisamment de toilettes. Elles se remplissent en quelques minutes. C’est réellement un grand problème».

Avec les cultures englouties par l’eau dans une zone normalement sujette à la sécheresse, l’impact sur la récolte annuelle va être fortement ressentie. Les agriculteurs récoltent une fois par an, en avril. Avec une grande quantité de pluies inattendues cette année, il apparait qu’une bonne partie des récoltes, qui pouvaient nourrir des familles pour les mois à venir, seront perdues, aggravant une pénurie alimentaire chronique  dans une zone où les rendements sont devenus faibles au cours des dernières années.

En plus des défis auxquels Isaiah est confronté, il y a son handicap. Il a du mal à se déplacer, et a besoin de béquilles spéciales. «Je suis né handicapé et j’ai besoin d’un équipement spécial. Je ne me suis pas préparé à une inondation soudaine. J’ai perdu certaines de mes béquilles. J’ai aussi perdu mes chaussures. Il ne m’en reste qu’une seule paire». Isaiah a eu beaucoup de difficultés pour avoir des embouts de caoutchouc pour la paire de béquilles,  et a aussi besoin de chaussures spéciales pour pouvoir se déplacer. Il est difficile, dit-il, de faire comprendre aux gens ses difficultés. «C’est une petite chose, mais ces béquilles sont ma vie. Les gens ne réalisent pas, elles sont ma vie ».

Le personnel et les volontaires de la Croix-Rouge du Zimbabwe sont dans le camp enregistrant les familles au fur et à mesure qu’elles arrivent. Ils leur donnent une tente pendant quelques jour avant de leur fournir des bâches et des conseils pour leur permettre  de construire leurs propres abris temporaires. Les équipes fournissent aussi les premiers secours et prodiguent des conseils sur la santé et l’hygiène. Les volontaires ont également construit un terrain de jeu pour les centaines d’enfants dans le camp.

Pour les enfants d’Isaiah, le terrain de jeu offre un moment de détente bien qu’il contraste avec les conditions difficiles du camp, ce qui égaye Isaiah quand il réfléchit à leur sort. «C’est tellement incertain, nous ne savons pas ce qu’ils envisagent ici».

La Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge soutient la Croix-Rouge du Zimbabwe afin qu’elle vienne en aide aux personnes les plus vulnérables, comme les handicapés, en débloquant 263 518 francs suisses de son fonds d’urgence pour les secours en cas de catastrophe (Zimbabwe floods DREF). Les fonds permettront à la Société Nationale d’aider 3’500 personnes touchées par les inondations au cours des trois prochains mois. Les activités prévues comprennent la construction de 40 latrines d’urgence dans camp pour aider à améliorer les conditions sanitaires, la distribution de moustiquaires pour prévenir le paludisme dans cette région à risque, et la fourniture de 100 kits d’abris et de bois.

 




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