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«Survivre au jour le jour» face à la faim et au VIH

Publié: 3 mars 2014 13:42 CET

Hansika Bhagani, FICR

Pour Sibongile Dube, survivre avec ​​un seul repas par jour a été difficile. Cette maman de quatre enfants avait des douleurs abdominales dues à un manque de nourriture; mais la faim n’était pas la seule raison de son état.

Lorsque le statut sérologique VIH de Sibongile a été confirmé positif il y a deux ans, elle a été mise sous traitement anti-rétroviral, qui pour être efficace, devait s’accompagner d’une bonne alimentation.

Au Gwanda, au sud-ouest du Zimbabwe, l’accès à une nourriture suffisante qui pourrait permettre à Sibongile de rester en bonne santé a été un défi. La région a souffert de la sécheresse au cours des dernières années entraînant régulièrement de maigres récoltes.

Selon le rapport 2013 du comité d’évaluation de la vulnérabilité  au Zimbabwe, quelque 2,2 millions de personnes au Zimbabwe sont en situation d’insécurité alimentaire. Gwanda, une localité située dans la province du Matabeleland-Sud a la plus forte proportion de ménages en insécurité alimentaire dans le pays, soit 32 pour cent.

Lorsque les familles ne peuvent pas prendre part à la récolte annuelle en avril, en raison d’une mauvaise saison de culture, elles sont alors confrontées à la faim pour une année, à moins qu’elles ne trouvent d’autres solutions. Sibongile essaie de nourrir sa famille de cinq enfants en investissant dans l’achat et la vente de légumes. «Pendant la sécheresse, on m’a donné de l'argent, soit 20 dollars pour démarrer mon commerce de légumes que j’achète dans un autre village pour les revendre ici,» explique-t-elle. «Je voudrais acheter des légumes verts qui ne sont pas disponibles ici pour les revendre. J’utilise alors les profits pour acheter le peu de nourriture qui nous permet de survivre.»

Sibongile a été encouragée à continuer à prendre ses médicaments contre le VIH, même si ce n’est pas efficace lorsqu’il est pris avec peu de nourriture. «Quand je prenais un repas par jour, j’ai eu quelques complications en prenant les médicaments, des problèmes d’estomac. Mais au cours des séances de counselling, les travailleurs de la santé m’ont conseillé de prendre de la nourriture d’abord avant de prendre le medicament. C’est ce que j’ai fait par la suite.»

Il y a beaucoup de personnes qui se trouvent dans la situation de Sibongile. L’Enquête démographique et de santé au Zimbabwe de 2010-2011 estime le taux de VIH au Zimbabwe à 14,7 pour cent. Au Gwanda , il est de 21 pour cent. Contrairement à Sibongile, de nombreuses personnes séropositives cessent de prendre leurs médicaments quand elles sont à court de nourriture. elles n’aiment pas être malades. C’est une décision difficile à prendre : tomber malade à cause de la prise de médicaments anti- rétroviraux sur un estomac vide, ou de tomber malade de ne pas en prendre du tout.

En janvier, la Croix-Rouge du Zimbabwe a commencé à distribuer de l’argent aux familles durement touchées par les récurrentes mauvaises récoltes. L’activité s’inscrit dans le cadre d’un appel d’urgence sur la sécurité alimentaire, lancé par la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Un montant de 50 USD est donné à chaque famille vulnérable pour acheter assez de nourriture dans les magasins locaux pendant un mois, afin de retrouver des habitudes alimentaires plus saines.

«Maintenant, la situation s’est améliorée,» explique Sibongile. «Nous mangeons maintenant trois repas par jour, mais je remarque que la nourriture s’épuise rapidement.»

Sibongile, comme d’autres personnes vulnérables, recevra trois transferts de fonds pendant trois mois jusqu’à ce qu’elle puisse essayer de récolter son petit champ de maïs en avril. Les fortes pluies de début février, réduisent cependant les chances de Sibongile d’avoir une bonne récolte. Une partie de la récolte est en train de pourrir. «Je ne vais pas beaucoup récolter, mais j’espère que les autres vont avoir cette chance pour que je puisse continuer à vendre des légumes, et avec le profit généré acheter d’autres choses importantes,» explique Sibongile.

«Il n’y a pas vraiment beaucoup d’espoir parce que les sécheresses surviennent souvent, ce qui fait que vous n’avez pas de la nourriture tous les jours, donc on essaie juste de survivre au jour le jour, quel que soit la situation.»

L’appel d’urgence sur la sécurité alimentaire au Zimbabwe d’un montant de 805 279 francs suisses a été lancé en décembre 2013 pour aider la Croix-Rouge du Zimbabwe à soutenir 10’500 personnes vulnérables. La distribution de cash permet à chaque ménage de recevoir 50 USD par mois, pendant trois mois, pour acheter un kit de nourriture constitué de 50 kg de céréales, 10 kg de légumineuses, et quatre litres d’huile.

La semaine prochaine sur www.ifrc.org/afrique, nous rendons visite à Ainna, une grand-mère de 62 ans qui s’occupe de ses quatre petits-enfants, avec très peu d’aide de la part de sa famille. Ainna, qui est une naine, a des difficultés à se déplacer dans ses champs de maïs, et s'appuie fortement sur ses petits-enfants pour s’en sortir.

 




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