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Un terrain de jeux pour aider les enfants à surmonter leur traumatisme

Publié: 14 mars 2014 14:01 CET

Par Hansika Bhagani, FICR

Dans une petite aire de jeux, au sud du Zimbabwe, les enfants se disputent l’espace sur un sale terrain de volley-ball. Le tumulte des voix se mêle aux cris de victoire après que le ballon s’écrase sur le filet et avant que le match ne continue. Pour les joueurs, ce jeu est un bref répit d’une situation qui est beaucoup plus dramatique.

Il y a près de 300 enfants dans le camp de transit de Chingwizi, qui ont été forcés de quitter leurs maisons à cause des inondations et qui sont maintenant privés d’un environnement familial stable et d’une éducation. Ils vont probablement être réinstallés de façon permanente dans un autre site, mais cela pourrait prendre plusieurs mois.

Certains de ces enfants sont arrivés dans le camp avec leurs familles, troublés et affamés après plusieurs jours de voyage. D’autres sont venus seuls, transportant juste quelques petits articles qu’ils ont pu sauver de leurs maisons gorgées d’eau. «Les enfants qui viennent ici sont très stressés» souligne Chipo Kari, une volontaire de la Croix-Rouge du Zimbabwe qui a aidé à construire l’aire de jeux dans le camp. «C’était une triste situation quand je suis arrivée ici pour la première fois, car les enfants venaient à l’aire de jeux en petits-groupes avec leurs parents. C’était vraiment mauvais. Il n’y avait pas d’interaction entre eux et l’atmosphère était sombre».

Chacun gère le stress différemment. Chez les enfants, certains se replient sur eux-mêmes, d'autres se mettent en colère, tandis que d’autres adoptent des comportements repréhensibles tels que le vol. Pendant des années, la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) a travaillé avec des enfants dans le monde entier, en les aidant à surmonter le traumatisme qu’ils vivent, qu’il s’agisse de catastrophes ou de conflits. Au Zimbabwe, les volontaires de la Croix-Rouge savaient que les enfants constitueraient la plus grande population dans le camp de transit de Chingwizi, et ont donc travaillé rapidement pour s’assurer qu’il y’aurait quelque chose pour eux, dans le but de les tenir occupés, et à faire la transition vers leurs nouvelles maisons aussi facilement que possible.

Résultat ? Une aire de jeux qui fonctionne bien, où la plupart des enfants passent maintenant leurs journées,  jouant au volley-ball, au netball ou, pour les plus jeunes, simplement passer du temps sur la balançoire et le manège.

«Avec le nombre important d’enfants dans le camp, il n'y a pas assez d’espace pour eux tous. Les enfants viennent à l’aire de jeux à tour de rôle pour deux heures », explique Chipo. «Nous avons besoin d’une autre aire de jeux pour eux».  Comme le nombre de familles dans le camp de transit augmente tous les jours, ce terrain de jeu deviendra de plus en plus surpeuplé.

Les enfants n’ont pas seulement besoin d’activité récréactive pour échapper au traumatisme. Chipo est aussi préoccupé par la perturbation de  leur éducation qui peut avoir un impact plus durable. «Nous devons veiller à ce qu'ils ne ratent pas leur éducation», dit-elle. «Nous pourrions avoir un arrangement temporaire ici. Nos évaluations montrent que certains enseignants ont également été touchés par les inondations. Ils sont ici et pourraient aider à fournir la formation nécessaire»

Avec le taux de prévalence du VIH de 18 pour cent au Zimbabwe, Chipo est déjà impliquée dans l'éducation de la santé des enfants, l’éducation des jeunes sur les dangers de la sexualité précoce, et les plus âgés sur le VIH et le SIDA.

En l’espace de quelques jours, elle a vu une nette amélioration chez les jeunes qu’elle suit. «Les enfants sont maintenant plus détendus. Ils sont heureux parce qu’ils ne sont plus calfeutrès à l'intérieur des maisons avec leurs parents. Ils apprécient en plus l’endroit».

On estime que 20’000 personnes ont été touchées par les inondations actuelles, causées par de fortes précipitations inhabituelles. Pour aider la Croix-Rouge du Zimbabwe à  assister 3’500 personnes, parmi les plus vulnérables, la FICR a débloqué 263’518 francs suisses de son fonds d’urgence pour les secours en cas de catastrophe. Les fonds seront utilisés pour apporter un soutien aux populations pendant trois mois, sous la forme d’abris, les premiers soins, l’accès à l’eau potable et le soutien psychosocial.

«La queue ne finit jamais» commente un volontaire de la Croix-Rouge du Zimbabwe qui aide à maintenir 24 heures sur 24, sept jour sur sept, une clinique au camp de transit de Chingwizi. La semaine prochaine sur www.ifrc.org/afrique, nous apprenons comment les volontaires, face à l’insuffisance des matériels médicaux, improvisent le genre de premiers soins qu’ils fournissent aux milliers de familles affectées par les inondations.




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