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Une femme trés enceinte, inquiète et déplacée par les inondations au Zimbabwe

Publié: 11 mars 2014 7:08 CET

Hansika Bhagani, FICR

Entourée de ses cinq enfants, dont le plus jeune est juste un enfant en bas âge, Gamuchirai Nhamo rappelle avoir passé trois jours de travail lors de la naissance de chacun d’entre eux. Maintenant, elle est dans son neuvième mois de grossesse attendant son sixième enfant mais terrifiée à l’idée de donner naissance au milieu du camp de transit de Chingwizi dans le sud du Zimbabwe.

«Je n’ai pas d’argent pour payer le ticket de bus et aller à l’hôpital pour accoucher. Je n’ai pas d’habits non plus pour celui qui va naître» révèle-t-elle.

Faire le travail devant conduire à l’accouchement à Chingwiri va sans nul doute être plus difficile que toutes les autres fois. Ici, l’eau doit être transportée par camion, sur une distance longue de 80 kilomètres. Il existe une clinique pour les premiers soins, mais les structures médicales dont Gamuchira a besoin pour donner naissance en toute sécurité ne sont pas encore disponibles.

Gamuchirai et ses enfants sont venus au camp après avoir été transportés par hélicoptère hors de leur village. «On nous avait informés de l’arrivée imminente des inondations, mais elles sont survenues très rapidement, ce qui fait que nous n’avions pas eu le temps de nous préparer», explique Gamuchirai. «Mon mari était absent et il n’y avait personne pour m’aider à sauver nos biens. Je n’ai pu sauver que quelques vêtements et quelques pots».

Gamuchirai et ses enfants ont rejoint près de 300 autres familles dans le camp de transit. Ce nombre est appelé à augmenter rapidement car des milliers de familles déplacées par les inondations inattendues au Zimbabwe font leur chemin vers le camp en provenance des localités proches de Tokwe-Mukosi. Elles seront ici pendant quelques semaines avant de bénéficier de parcelles dans des zones de réinstallation et où elles devront recommencer leur vie avec le peu d’articles qu’elles ont pu sauver.

«Nous avons perdu nos outils agricoles, nos lits, parce que ceux-ci qui ne pouvaient pas entrer dans l’hélicoptère. Je suis très inquiète au sujet de notre bétail» souligne cette mère de 33 ans. Cinq jours après leur installation dans une tente fournie par la Croix-Rouge du Zimbabwe, Gamuchirai reçoit les nouvelles qu’elle redoutait tant. Son mari est arrivé au camp. De leurs six boeufs, un seul est en vie.

La famille a reçu des articles de la Croix-Rouge du Zimbabwe, comprenant un kit de cuisine, de la nourriture et des couvertures. Quand on lui demande ce dont elle a le plus besoin, Gamuchirai éclate en sanglots. «De par mon expérience, l’accouchement de mon prochain enfant va être douloureux, si je le fais ici. J’ai vraiment besoin d’aide et d’argent pour se préparer et aller à l’hôpital ».

Il y a entre 40 et 50 femmes enceintes dans le camp de transit. La Croix-Rouge a sur place, une clinique ouverte 24 heures par jour qui offre sur place les premiers secours. Les volontaires tentent de rendre les femmes aussi confortables que possible, mais admettent que l’acquisition d’une ambulance dans le camp aiderait grandement à améliorer la situation. C’est quelque chose qui est à l’étude.

En plus de fournir les premiers soins, le personnel et les volontaires de la Croix-Rouge du Zimbabwe font également la promotion de la santé et de l’hygiène, et aident les familles à construire leurs abris temporaires.

La Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a débloqué 263 518 francs suisses de son fonds pour les secours  en cas de catastrophe (DREF inonde Zimbabwe) pour soutenir les familles touchées par les inondations pendant trois mois. Les activités prévues comprennent la construction d’abris et de latrines d’urgence, la distribution de kits d’hygiène et le soutien psychosocial pour les enfants.

«C’est une situation difficile, mais nous nous en remettons en Dieu» explique Gamuchirai, au moment même où son plus jeune enfant se met sur ses genoux pour un câlin.

Face à des dizaines de femmes enceintes, au paludisme, aux morsures de chien, serpent, scorpion, et au manque d'installations appropriées de traitement médical, les volontaires de la Croix-Rouge du Zimbabwe sont amenés à improviser tout en offrant les meilleurs soins possibles aux familles dans le camp. La semaine prochaine sur www.ifrc.org/afrique, nous parlerons des volontaires impliqués dans la fourniture de traitement aux patients.




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