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Zimbabwe: le combat d’une grand-mère pour nourrir ses petits-enfants à Gwanda, une localité sujette à la sécheresse

Publié: 11 mars 2014 5:59 CET

Hansika Bhagani, FICR

Ainna Ndlovu ne pouvait servir qu’un seul repas par jour à ses petits-enfants lorsque la sécheresse s’est abattue sur la ville de Gwanda, au sud-ouest du Zimbabwe. Les temps étaient donc durs pour cette femme, qui se trouve à la tête d’une famille de quatre petits-enfants dont les plus âgés sont des adolescents.

«C’était trop dur » explique-t-elle. «Mes filles m’envoyaient de l’argent mais elles n’ont pas de travail, leurs maris non plus. Nous étions obligés de recourir à un seul repas par jour avec le peu d’argent qu’elles envoyaient».

Dans la culture zimbabwéenne, les enfants nés hors marriage doivent être acceptés par le nouveau mari de leur mère, lorsque cette dernière se marie. Sinon, on les laisse souvent avec les grands parents qui eux-mêmes triment pour survivre. Dans le cas d’Ainna, elle est née naine. Elle mesure à peine 1,10 mètre et utilize une canne pour se déplacer entre les rangées de son champ de maïs. Elle compte sur l’aide de ses deux petits-enfants les plus âgés, pour accomplir certaines tâches difficiles, comme la collecte de bois de chauffage et la surveillance des plantes qui poussent.

Gwanda, dans la province du Matebeleland-Sud, est l’une des zones les plus touchées par les pénuries alimentaires. En raison des pluies insuffisantes, des périodes de sécheresse prolongée et l’accès limité aux semences, avoir une nourrriture suffisante dans cette localité est un défi constant qui s’aggrave de plus en plus.

Selon le rapport 2013 du Comité d’évaluation de la vulnérabilité au Zimbabwe, 25 pour cent des ménages ruraux au Zimbabwe sont confrontés à l’insécurité alimentaire. Ceci représente 2,2 millions de personnes, et une augmentation de 32 pour cent par rapport à l’année précédente.

Avec la petite somme d’argent que ses filles lui envoyaient, Ainna achétait 10 kilogrammes de farine de mil. Le reste de leur alimentation journalière était complétée par des légumes sauvages qui poussaient pendant l’hivernage. «Nous étions obligés de manger ces légumes, sans huile, pendant chaque repas car nous n’avions rien d’autre» explique-t-elle.

Depuis janvier dernier, elle reçoit 50 USD, dans le cadre du premier programme de transfert d’argent mené par la Croix-Rouge du Zimbabwe pour aider les familles vulnérables à Gwanda; un montant qui lui a permis de nourrir sa famille avec trois repas par jour. «Nous avions acheté de la nourriture ce jour là» explique-t-elle «en utilisant les 50 USD que nous avions reçus».

Ainna va continuer de recevoir du cash chaque mois jusqu’à la prochaine saison de récolte, prévue en avril.

Maintenant, elle est contente de voir que ses petits-enfants ont assez de nourriture, ce qui fait qu’ils peuvent aller à l’école et se concentrer sur les études.

L’appel d’urgence sur la sécurité alimentaire au Zimbabwe d’un montant de 805 279 francs suisses va aider la Croix-Rouge du Zimbabwe à soutenir 10’500 personnes pendant sept mois. La distribution de cash permet à chaque ménage de recevoir 50 USD par mois, pendant trois mois, pour acheter un kit de nourriture composé de 50 kg de céréales, 10 kg de légumineuses, et quatre litres d’huile.

Les autres activités comprennent la réhabilitation de 28 forages et la création de jardins communautaires.

Quand la sécheresse survient et que les aliments commencent à se raréfier, les gens se tournent vers des stratégies d’adaption négatives. Au Zimbabwe, cela inclut, l’extraction illégale de l’or dans les montagnes riches en ressources, et des faveurs sexuelles en échange de la nourriture. La semaine prochaine sur www.ifrc.org/afrique, nous vous proposerons l’histoire d’une jeune fille de 15 ans qui a supporté des années de viol en échange de la nourriture.

 

 




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