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Retour à la sécurité après deux ans dans un camp

Publié: 11 janvier 2013 14:58 CET

Lorraine Taggart

Trois ans après le tremblement de terre qui a ravagé la capitale haïtienne, les efforts se poursuivent pour aider les rescapés à reconstruire leurs existences.

Rozette Roseau, qui vivait sous tente depuis deux ans, n’osait pas espérer que le jour viendrait où elle retrouverait la sécurité d’un vrai toit. Pourtant, ce jour a fini par arriver. «J’ai presque terminé d’emballer mes affaires. Tout ce qu’il me reste à faire, c’est de démonter la tente», déclare-t-elle, visiblement soulagée.

Originaire du département de Jérémie, au sud du pays, Rozette était venue en 1992 à Port-au-Prince, dans l’espoir d’y trouver du travail et de meilleures conditions d’existence. Mère de deux garçons, elle gagnait sa vie en faisant des lessives et en vendant de l’eau dans les rues de la capitale. Quand le tremblement de terre a ravagé la ville en janvier 2010, elle a, comme des milliers d’autres habitants, perdu sa maison et tous ses biens. En quête d’un endroit où dormir cette terrible nuit, elle suivit avec ses fils une foule de sinistrés qui finirent par échouer au Centre Dadadou de Delmas 3, dans le centre-ville.

Complexe sportif très populaire, Dadadou devint du jour au lendemain le refuge de centaines de sans-abri. Sans emploi ni autres ressources pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants, Rozette survécut grâce à la générosité d’amis et parents. Dans ces conditions, la simple pensée de quitter un jour le camp semblait totalement illusoire.

Toutefois, dans le cadre d’un programme de désengorgement des camps conduit en partenariat avec la Croix-Rouge haïtienne, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) s’est employée à trouver des solutions d’hébergement pour les résidants de Camp Dadadou.

Aujourd’hui, les 150 familles qui s’étaient réfugiées là après le tremblement de terre ont été relogées. Celle de Rozette en fait partie.

«J’ai l’impression de revivre», commente-t-elle, assise dans son nouveau foyer. «A présent, je n’ai plus à craindre qu’il pleuve dans la tente ou que des voleurs déchirent la toile pour emporter mes maigres possessions.»

Rozette a aussi reçu de la Croix-Rouge une modeste allocation de soutien aux moyens de subsistance qui lui a permis de mettre sur pied un petit commerce de vente de cosmétiques, et ses fils ont pu reprendre les cours après avoir été privés d’école pendant pratiquement deux ans. En somme, Rozette et les siens peuvent enfin entreprendre de reconstruire leur existence dévastée par la tragédie du 12 janvier 2010.

«Sans l’aide de la Croix-Rouge, je pense que nous serions toujours confinés sous une tente dans le camp. Non pas parce que cela nous convenait, mais parce que nous n’avions pas le choix. La Croix-Rouge nous a offert une porte de sortie.»




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