IFRC


Grippe : sommes-nous prêts à affronter une pandémie ?

Publié: 17 mai 2013 15:48 CET

Au 8 mai 2013, H7N9 – une souche de la grippe aviaire – avait fait 32 morts en Chine, mais, selon les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la maladie sous cette forme ne semble pas représenter en l’état actuel des choses une menace pandémique significative. C’est la troisième souche à faire l’actualité au cours de ces dernières années, après H5N1 connue sous le nom de « grippe aviaire » et H1N1 baptisée « grippe porcine ».

Certes, ces décès sont des tragédies, mais nous pouvons nous estimer heureux que la transmission d’homme à homme ne constitue pas une caractéristique de cette souche, laquelle ne présente donc pas de risque de contamination à grande échelle. Néanmoins, nous devons nous demander si nous serions prêts au cas où ce virus acquerrait la capacité de passer facilement d’un hôte humain à l’autre, ou si un autre virus possédant cette caractéristique devait émerger.

Jim Catampongan, coordinateur des programmes de santé d’urgence de la FICR pour la région Asie et Pacifique, est depuis 2006 aux avants-postes des efforts de préparation et de riposte de l’organisation face à la grippe. Il note que le virus H7N9 est différent des souches précédentes dans la mesure où il affecte les humains – avec une issue dans certains cas fatale – mais semble épargner les volatiles.

« Dans ces conditions, le virus pourrait se propager massivement sans que nous en ayons conscience, du fait qu’on n’observe pas d’hécatombes parmi les oiseaux », commente-t-il.

Le nombre comparativement élevé de cas (131) et de décès (32) sur une brève période a amené l’OMS à classer H7N9 comme une des souches les plus virulentes de celles apparues ces dernières années.

Jim Catampongan souligne que le caractère imprévisible des virus de la grippe fait qu’il est vital d’investir dans des mesures de préparation communautaire et de faire en sorte que chacun perçoive clairement ses responsabilités pour empêcher la propagation de la maladie. Dans cette optique, observe-t-il, les volontaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sont dans une position privilégiée pour agir.

« Ils sont les mieux placés pour faire en sorte que les interventions touchent les plus vulnérables et ciblent les personnes-clés, et pour combattre les barrières culturelles qui freinent le recours aux systèmes et programmes de santé. En cas de pandémie, remarque-t-il, les volontaires peuvent diffuser sans délai les messages appropriés parmi leurs communautés respectives.

« Les volontaires et autres membres de la communauté sont souvent les premiers à réagir », poursuit-il. « C’est pourquoi nous devons impérativement continuer d’investir dans leur capacité à répondre rapidement et de manière coordonnée en cas d’urgence. »

Des communautés et pays du monde entier ont mené au cours des récentes années d’importants efforts de préparation sous la forme, par exemple, de campagnes d’éducation publique sur les précautions et mesures à appliquer dans l’éventualité d’une pandémie grave. Hélas, les ressources allouées au soutien des nations et populations démunies ont souvent été réaffectées au profit de la recherche scientifique, de sorte que de nombreuses communautés restent insuffisamment préparées et seraient extrêmement vulnérables en cas de pandémie.

« Si un vaccin peut constituer le moyen le plus efficace de protéger un sujet contre un nouveau virus grippal, l’expérience nous a appris que les vaccins – à l’instar des médicaments antiviraux – exigent beaucoup de temps pour une production et une distribution de masse, en particulier parmi les communautés les plus reculées et les plus exposées », observe Jim Catampongan.

« C’est pourquoi nous devons sans attendre aider les pays en développement à mettre en place des interventions non pharmaceutiques pour permettre une riposte rapide dans des environnements pauvres en ressources si le besoin devait se présenter. »

La FICR conduit des programmes visant tout spécialement à améliorer la résilience communautaire. Cela inclut des activités de préparation face aux risques prioritaires identifiés par les communautés concernées et la mise en application des leçons issues des efforts de préparation et de réponse à la grippe depuis 2006.




Carte


La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge constitue, avec ses 190 Sociétés nationales membres, le plus vaste réseau humanitaire du monde. En tant que membres du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous sommes guidés dans notre travail par sept Principes fondamentaux: humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalité.