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Japon : se préparer aux catastrophes futures

Publié: 17 décembre 2009 0:00 CET



Dans l’esprit de toute personne travaillant pour la Croix-Rouge du Japon, un pays où il ne se passe quasiment pas de jour sans une secousse sismique et où le risque d’une catastrophe de grande ampleur est toujours présent, la préparation est une préoccupation permanente. Pour tester leur niveau de préparation, plus de 260 employés et volontaires de la Société nationale ont récemment participé à un vaste exercice de simulation.

Le scénario se basait sur l’hypothèse qu’un séisme d’une magnitude 8 avait secoué le centre du pays. Quelques jours plus tard, le bilan s’établissait à 2600 morts, près de 40 000 blessés et plus de 200 000 habitations détruites ou gravement endommagées. Baptisé ‘Tokai’, ce tremblement de terre fictif aurait 80 pour 100 de risques de se produire effectivement dans les trente prochaines années.

Evaluation des capacités

L’exercice avait pour but d’évaluer l’aptitude de la Croix-Rouge du Japon à faire face à une telle catastrophe. Il a également servi à tester sa capacité à travailler avec d’autres agences et à répondre aux demandes énormes de divers acteurs au nombre desquels des médias et des donateurs du monde entier.

“Si un désastre de cette ampleur devait se produire, nous devrions mobiliser l’intégralité de nos ressources à travers tout le pays pour répondre aux besoins”, commente Yasuyuki Tanigawa, directeur général adjoint aux opérations. “La réaction à une telle catastrophe réclame une planification très élaborée et les plans en question doivent impérativement être testés avant qu’elle ne se produise effectivement. C’est pourquoi ces trois journées ont été si importantes”, concluait-il à l’issue de l’exercice.

Rôles et impact

Les fonctions essentielles de la Croix-Rouge du Japon dans les situations de catastrophes à grande échelle sont clairement définies. La Société nationale a pour tâche de déployer des équipes médicales d’urgence depuis ses hôpitaux afin de traiter les blessés sur le terrain, de distribuer des secours stockés en prévision des crises – notamment, de la literie et des articles d’hygiène –, de collecter et de distribuer du sang et d’assurer des services de recherche et de communication pour les ressortissants d’autres pays résidant au Japon.

Opérant en étroite collaboration avec ses sections de Shizuoka et d’autres préfectures dans le cadre de cet exercice, l’organisation a mobilisé plus de 100 unités médicales qui ont fourni une assistance à près de 5000 personnes dans 34 villes et autres agglomérations. Ses équipes de soutien psychosocial ont pour leur part assuré des services à près de 500 personnes traumatisées et plus de 250 000 articles de première nécessité ont été distribués aux sinistrés. Quant au service de recherche, il a traité près de 600 demandes d’information émanant de familles disséminées à travers toute la planète.

Observation et évaluation

L’expérience a été suivie de près par des observateurs appartenant à une organisation indépendante spécialisée dans l’encadrement des exercices de simulation de catastrophes. Leurs commentaires aideront la Croix-Rouge du Japon à affiner ses plans et procédures d’urgence.

Tadao Yamamoto dirige le département de la gestion des crises de l’organisation Disaster Prevention Solutions. C’est lui qui était en charge de l’évaluation de l’exercice. “Nous avons concentré notre attention sur trois aspects principaux”, explique-t-il. “Premièrement, nous voulions évaluer dans quelle mesure les participants appliquaient bien leurs propres plans d’intervention d’urgence. Deuxièmement, nous avons suivi de près les interactions entre les responsables du management et les différentes unités opérationnelles. Enfin, nous avons observé comment les informations essentielles étaient collectées et diffusées parmi tous les acteurs qui en avaient besoin pour accomplir efficacement leurs tâches.”

A la Croix-Rouge du Japon, tout le monde prie pour que le scénario mis à l’épreuve ne se réalise jamais. Cela dit, à en juger par l’enthousiasme, l’énergie et la concentration manifestés par les participants, il est évident que chacun s’attend à devoir un jour fournir une aide humanitaire vitale à la population suite à une future catastrophe. La détermination à être prêt à agir transparaissait de façon très claire pendant toute la durée de l’exercice.




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