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La formation et la sensibilisation aux catastrophes peuvent amener à des choix difficiles

Publié: 1 mai 2015 16:17 CET

Par Nichola Jones, Croix Rouge britannique

Samedi, Bijay Dahal, père de deux enfants, se trouvait avec sa famille au premier étage de sa maison, qui en compte deux, dans le district de Baneshwor, à Kathmandou, lorsque son siège a commencé à trembler.

« Soudain, la maison s’est mise à bouger ; je sentais qu’elle se balançait. Je savais ce qui se passait, » raconte-t-il. « J’ai pris mes enfants et je les ai traînés jusqu'à la porte. J’entendais ma femme dans l'autre pièce qui pleurait et priait ».

En tant que travailleur de la Croix-Rouge népalaise formé à la gestion des catastrophes, Bijay savait qu'ils devaient tous quitter la maison dès que les secousses commenceraient à se calmer. Mais ces 20 ans d’expérience ne pouvait pas le préparer à la décision déchirante qu'il allait devoir prendre alors qu’il tentait de rejoindre le rez-de-chaussée.

« Alors que je courais dans les escaliers avec mes garçons, j’ai vu mes parents âgés s’agrippant l’un à l’autres dans la chambre à coucher », se souvient-il. «Mon père, qui est âgé de 79 ans, est paralysé. Ma mère ne voulait pas l’abandonner.

« J’étais face à un choix cornélien : soit je sortais pour mettre mes enfants en sûreté, soit je restais avec mes parents, sans aucune garantie que la maison résisterait aux secousses. Ma mère m’a dit de partir. »

Le fils aîné de Bijay, qui est âgé de 15 ans, souffre du syndrome de Down. Il a supplié son père de sauver ses grands-parents, mais cet expert en catastrophe savait qu'il ne pouvait pas à la fois sauver son fils et ses parents. «D’ordinaire, je suis là pour protéger mon fils, je suis son ami. Mais à ce moment-là je n’avais pas d’autre choix que de lui crier dessus et de le trainer dehors. J’ai vu l’incompréhension se dessiner sur son visage. C’était très douloureux, se remémore Bijay.

La famille a été rejointe à l'extérieur par une foule de voisins perplexes, mais Bijay Dahal a dû attendre pendant 30 minutes éprouvantes avant d’apprendre que ses parents étaient en sécurité.

«Une fois les secousses terminées, j’ai mis mon casque de moto pour retourner dans la maison et prendre des nouvelles d’eux. J’étais très surpris de constater qu’ils allaient bien. »

Bijay, sa femme et son fils ont été contraints de dormir dehors sous la pluie battante en raison de l’effritement de nombreux bâtiments dans le quartier provoqué par de puissantes répliques.

« Une maison d'hôtes de sept étages s’est effondrée dans mon quartier et je sais qu'il y a encore des dépouilles ensevelies sous les décombres », précise-t-il.

Bijay Dahal a repris le travail et est pleinement investi dans les opérations de secours menées par la Croix-Rouge népalaise tant à l'intérieur de la ville que dans les zones difficiles d’accès à travers le pays. Selon lui, les besoins immédiats concernent l’aide d’urgence. « Notre priorité aujourd’hui est de fournir de la nourriture, de l’eau et un abri aux nombreuses familles qui continuent de vivre dans la rue, et de pouvoir atteindre les communautés qui ont désespérément besoin de notre aide», affirme-t-il.




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