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Les populations des îles Salomon se réfugient dans les camps d’urgence

Publié: 7 avril 2007 0:00 CET

Rosemarie North of the International Federation in Mile Six Camp, Ghizo Island

La population de Saeragi, un village situé sur l’île de Ghizo, assistait à l’office du matin lorsque l’alarme a résonné pour la première fois.

« On nous a dit de fuir, » raconte Litia Naomi, 14 ans, se remémorant ce matin du 2 avril où un tsunami a frappé les côtes ouest des îles Salomon. « L’eau a commencé à monter et à inonder les rues, puis une grosse vague a surgi de la mer. »

Tous les habitants ont fui le village, sauf Collin Sivai, 66 ans, amputé du pied il y a quatre ans après une blessure et incapable de courir. Appuyé sur une béquille, il a pu échapper à la vague et se réfugier dans l’église bâtie en feuilles de sago.

Il est resté à l’intérieur pendant que l’eau continuait à monter. Le vieil homme montre ses genoux, indiquant la hauteur atteinte par les flots. Lorsque la vague a reflué, il a quitté le village pour gagner péniblement les collines et rejoindre ses enfants et petits-enfants dans un camp connu sous le nom de Mile Six.

Un jour ou deux après la catastrophe, quelques braves âmes sont retournées dans le village pour récupérer des ustensiles de cuisine, des vêtements et tout ce qui pouvait être sauvé.

« Je suis retournée dans le village pour récupérer certaines affaires, mais il ne restait plus rien, » raconte Freda Kami Kera, la fille de Collin, aux délégués de la Croix-Rouge des îles Salomon et de la Fédération internationale.

De l’eau, de la nourriture, des bâches en plastique et des moustiquaires ont été distribués aux populations hébergées dans le camp de Mile Six par la Croix-Rouge locale, qui suit de près la situation, en collaboration avec le personnel humanitaire international, et veille à ce que l’aide fournie réponde aux besoins des populations.

La population locale a été très ébranlée par les nombreuses répliques qui ont suivi le séisme à l’origine du tsunami.

John Peza, 18 ans, le petit fils de Collin et de nombreuses autres personnes hébergées dans le camp son très inquiets. « Nous avons peur de plonger pour aller pêcher, » dit-il.

De nombreux bateaux ont disparu ou ont été endommagés lors de la catastrophe. Sa mère Freda n’est pas sure de vouloir retourner dans le village. « Nous trouverons peut-être une autre maison où nous serons plus en sécurité. J’aimais beaucoup mon village, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui, » dit-elle. « Si tout pouvait redevenir comme avant. »

En attendant, la vie dans le camp est loin d’être facile. Les rations de thé et de riz ne sont pas suffisantes pour donner à John, un grand sportif et fervent amateur de football, de netball et de tennis, toute l’énergie nécessaire.

«Nous ne sommes pas heureux ici car il n’y a rien à faire, » déplore t-il.
Freda n’a plus de nouvelles de ses filles depuis lundi. « J’ai envoyé mon mari les chercher, mais il s’est blessé avec un couteau en montant une tente et n’a pu marcher jusqu’à la ville. »

Non loin de là, Mary Soni tient son bébé d’un mois dans les bras. Elle s’est réfugiée dans les collines avec ses deux autres enfants, ses sœurs et ses parents. Ils vivent dans une habitation faite de planches de bois, abrités par une bâche en plastique fixée à un arbre et à un morceau de bois.

Selon Andrew Mcalister, chargé de coordonner les opérations de secours de la Fédération internationale dans les îles Salomon, l’essentiel des efforts consiste, dans l’immédiat, à distribuer de l’eau potable et de la nourriture et à mettre en place des installations sanitaires.

Près de 2000 moustiquaires, 250 tentes pouvant abriter chacune 4 à 5 personnes, 1000 bâches en plastique, 1000 kits d’hygiène et 1000 ensembles de cuisine ont été envoyés dans la zone par l’Unité de gestion des catastrophes de la Fédération internationale basée à Kuala Lumpur. Un petit générateur devrait également arriver prochainement à Honiara dans la capitale.




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