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L’avenir de notre Mouvement passe par l’écoute de ses jeunes membres

Publié: 6 mai 2013 19:56 CET

Massimo Barra, vice-président de la Commission permanente du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

L’expression ‘Croix-Rouge et Croissant-Rouge de la jeunesse’ a toujours deux sens intimement liés: d’une part, ce que les jeunes peuvent faire pour le Mouvement et, d’autre part, ce que ce dernier peut faire pour eux.

Dans une Société nationale idéale, cette relation à double sens devrait toujours bénéficier du même degré d’attention pour l’un et l’autre aspects. Ce n’était pas le cas quand j’ai rejoint les rangs de la Croix-Rouge italienne de la jeunesse: la section des ‘Pionniers’ était une sorte de Leviathan forte de quelque 4 millions de membres disséminés dans toutes les écoles du pays.

L’adhésion était pratiquement obligatoire et la modeste cotisation perçue pour la carte de membre et le badge représentait une manne non négligeable pour la Société nationale, qui consacrait cet argent au financement de services en faveur d’élèves en difficulté, d’infirmeries scolaires, de vacances pour étudiants et de formations aux premiers secours.

Des groupes de jeunes ont également été créés en dehors du cadre scolaire par certaines sections locales de la Croix-Rouge. Baptisés à l’origine ‘Pionniers de la Fraternité’, ils ont par la suite été appelés simplement ‘Pionniers de la Croix-Rouge’.

Au départ, cette composante était administrée par la Société nationale et ne jouissait pratiquement d’aucune autonomie. Plus tard, nous avons résolu de faire entendre notre voix et revendiqué une représentation adéquate ainsi qu’un pouvoir de décision au sein de l’organisation. Des processus similaires ont été mis en oeuvre parmi d’autres Sociétés nationales également.

Aujourd’hui, tout a changé, notamment en termes de communication. Autrefois, les camps internationaux pour les jeunes membres de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge de pays différents représentaient la seule occasion d’échanger idées et expériences, mais nos discussions faisaient ressortir des préoccupations communes, quelles que soient les Sociétés nationales auxquelles nous appartenions.

Ma première participation à une telle rencontre remonte à 1965 à Varna, en Bulgarie. N’ayant jusqu’alors guère quitté mon pays, ce camp fut un épisode déterminant de ma jeunesse et m’incita à m’engager plus profondément au sein du Mouvement.

En 1973, lorsque je fus nommé président de la Commission de la Jeunesse – alors appelée Comité consultatif de la jeunesse – j’appuyai différentes initiatives pour permettre aux jeunes de se faire entendre au niveau régional et mondial, envisageant ces tribunes comme des sortes d’outils de participation. Ces efforts ont contribué à donner aux jeunes membres un poids accru au sein du Mouvement. Aujourd’hui, le président de la Commission de la Jeunesse est membre ex-officio du Conseil de direction de la FICR et, au sein de nombreuses Sociétés nationales, des représentants de la jeunesse sont associés aux processus de prises de décisions.

Désormais, on peut dire que l’engagement enthousiaste – voire utopique – de nos jeunes membres a permis de remplacer le paternalisme par l’éducation mutuelle. Le processus se poursuit, souvent stimulé par des technologies que les jeunes semblent maîtriser beaucoup plus facilement que les anciens. Si l’on considère que la connaissance est un pouvoir, nous pouvons aussi affirmer que celui des jeunes s’est accru de façon notable, même au sein d’un Mouvement ancré dans la tradition et peu enclin au changement.

Près de 50 ans après mon premier camp de jeunesse, je continue de penser que la participation de nos jeunes membres doit être encore renforcée et leur voix davantage entendue. Les camps internationaux ont contribué à changer les vies de nombreux jeunes, comme celui de Varna l’a fait pour moi, et en changeront bien d’autres encore à l’avenir.

Investir dans les jeunes en diffusant la vision impérissable de Henry Dunant, nos Principes fondamentaux et le droit international humanitaire est la meilleure façon de promouvoir un environnement mondial durable et pacifique.

Massimo Barra est l’un des premiers médecins à s’être engagé en faveur des toxicomanes en Italie. Volontaire à la Croix-Rouge depuis l’âge de 8 ans, il a été président de la Croix-Rouge italienne de la jeunesse durant huit ans. En décembre 2005, il a été élu président de sa Société nationale. Au sein de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Massimo Barra a été président de la Commission de la Jeunesse de 1974 à 1982, président de la Commission du Développement de 1982 à 1990, puis de 2005 à 2008, et vice-président de 2004 à 2005. En novembre 2007, il a été élu vice-président de la Commission permanente du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. 




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La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge constitue, avec ses 190 Sociétés nationales membres, le plus vaste réseau humanitaire du monde. En tant que membres du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous sommes guidés dans notre travail par sept Principes fondamentaux: humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalité.