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Les Etats appelés à améliorer la protection juridique des migrants

Publié: 29 novembre 2011 16:00 CET

Faye Callaghan

Les participants à la 31e Conférence internationale ont été appelés à faire en sorte que les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge puissent accéder aux migrants vulnérables qu’elles souhaitent assister. Les migrations sont un des thèmes majeurs des réunions qui rassemblent cette semaine les composantes du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, les Etats parties aux Conventions de Genève et des observateurs. Les Sociétés nationales tunisienne, mexicaine et indonésienne ont évoqué les défis que présentent l’aide aux migrants et la manière dont elles appréhendent leur action, apportant ainsi une perspective humaine au débat.

Si la révolution en Tunisie a été le facteur de déclenchement de manifestations à travers tout le monde arabe, les troubles dans ce pays n’ont duré que quatre semaines. Dans la Libye voisine, en revanche, le soulèvement s’est prolongé pendant neuf mois, poussant 1,4 million de personnes à chercher refuge en Tunisie. Le modeste Croissant-Rouge tunisien n’était évidemment pas préparé à un tel afflux. Mais, comme l’a souligné son secrétaire général Tahar Cheniti, l’organisation avait une mission à remplir. «Nous avons été soutenus par un formidable élan de solidarité parmi nos compatriotes qui ont ouvert leurs maisons aux réfugiés, leur procurant abris et nourriture», a-t-il rappelé.

De nombreux migrants ont choisi de poursuivre leur route vers l’Europe dans l’espoir d’y trouver du travail, mais près de 2500 d’entre eux en péri en traversant la Méditerranée à bord d’embarcations surchargées. «Nous continuons de traiter des demandes de familles en quête de nouvelles de parents disparus», a déclaré Tahar Cheniti. Avec quelque 3500 réfugiés encore présents sur le territoire – notamment des Somaliens qui n’ont nulle part où aller – le Croissant-Rouge tunisien a mis sur pied des débats dans les universités afin de promouvoir l’intégration sociale et les droits de l’homme. Il a également organisé des séminaires à l’intention des juges pour garantir le respect des droits des migrants.

La situation est différente au Mexique, par où transitent de nombreux habitants d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale en route pour les Etats-Unis pour y chercher du travail ou rejoindre leur famille. «Durant leur voyage, beaucoup de migrants sont en butte à la violence et à d’autres problèmes. Les enfants, en particulier, sont de plus en plus vulnérables», a souligné Carlos Freaner Figueroa, de la Croix-Rouge mexicaine. Celle-ci assure des services médicaux sur les principaux itinéraires de transit, notamment les lignes de chemin de fer, et fournit de la nourriture à ceux qui en ont besoin.

Sur un autre continent encore, la Croix-Rouge indonésienne se prépare à lancer un nouveau programme d’assistance en faveur de ses concitoyens qui partent travailler à l’étranger. Les migrants se font souvent confisquer passeports et téléphones mobiles par leurs employeurs, se retrouvant ainsi totalement démunis pour réclamer de l’aide. Budi Adiputo, secrétaire général de la Société nationale, a noté que, sur quelque 3,3 millions d’Indonésiens travaillant à l’étranger, environ 142 000 ont connu de sérieux problèmes. Le nouveau programme offre un soutien aux candidats migrants avant leur départ en les informant sur la culture et les lois du pays de destination, en leur dispensant des notions de premiers secours et en leur indiquant où s’adresser pour obtenir de l’aide à l’étranger.

Le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a soumis aux représentants des Etats à la Conférence internationale des recommandations concrètes en relation avec les migrations. Les gouvernements sont appelés à mettre en place des lois et réglementations adéquates pour permettre aux Sociétés nationales d’accéder à tous les migrants, quel que soit leur statut; à garantir la sécurité et la protection de tous les migrants qui se présentent à leurs frontières; à collaborer avec les Sociétés nationales en vue de promouvoir un environnement social exempt de discrimination et de xénophobie; et à nouer des partenariats à l’intérieur et à l’extérieur du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en vue d’établir un consensus sur la réponse humanitaire aux migrations et de renforcer les services d’assistance et de protection.




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La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge constitue, avec ses 190 Sociétés nationales membres, le plus vaste réseau humanitaire du monde. En tant que membres du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, nous sommes guidés dans notre travail par sept Principes fondamentaux: humanité, impartialité, neutralité, indépendance, volontariat, unité et universalité.