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Premiers secours : un héritage vital pour l’humanité

Publié: 6 mai 2013 20:02 CET

La première réanimation dont l’histoire ait gardé trace remonte à 896 avant J.-C. La méthode du bouche-à-bouche est décrite dans des hiéroglyphes mayas. Beaucoup plus près de nous, mais il y a tout de même 150 ans déjà, une bataille dans le nord de l’Italie donna le jour à une idée qui, depuis, a changé la face du monde.

Le 24 juin 1859, Henry Dunant, un jeune homme d’affaires de Genève, fut le témoin horrifié des souffrances et de l’agonie des soldats blessés au combat à Solferino. Spontanément, il mobilisa les villageois locaux afin de leur venir en aide, sans considération du camp pour lequel ils avaient combattu.

De l’initiative de Dunant à Solferino naquit l’idée de créer des organisations nationales de secours qui assureraient soins et réconfort aux militaires blessés, et c’est ainsi que, quatre ans plus tard, fut fondé le Mouvement de la Croix-Rouge, appelé à devenir le plus vaste réseau humanitaire de la planète basé sur le volontariat.

Les premiers secours sont restés l’un des principaux services assurés par les volontaires et les employés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et ils ont depuis contribué à sauver des millions de vies humaines à travers le monde entier. L’aide humanitaire est aussi essentielle aujourd’hui qu’elle l’était en 1859 et son application ne se limite pas aux champs de bataille.

Selon Stefan Seebacher, chef du département de la santé de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), des millions de personnes souffrent de blessures ou meurent chaque année parce qu’elles n’ont pas reçu les soins requis au moment voulu.

En agissant immédiatement et en appliquant les techniques appropriées dans l’attente d’une assistance professionnelle, on peut limiter dans des proportions considérables les blessures et décès ainsi que leurs conséquences, dans les situations de catastrophes comme dans la vie de tous les jours.

«En dépit des bénéfices évidents de la pratique des premiers secours, beaucoup de gens s’abstiennent d’intervenir en cas d’urgence pour des raisons diverses et variées parmi lesquelles la crainte d’éventuelles suites judiciaires, le manque de connaissances ou le ‘syndrome du spectateur’ – autrement dit, la conviction que quelqu’un d’autre saura comment agir», note Pascal Cassan, chef du Centre mondial de référence de la FICR pour les premiers secours.

Au Royaume-Uni, une campagne a été mise sur pied afin de donner aux jeunes de 11 à 16 ans confiance dans leur propre capacité à agir. Au Belize, des écoliers du primaire ont reçu une formation de base aux premiers secours, à la réanimation cardio-pulmonaire et aux gestes à accomplir en cas d’étouffement. L’étouffement est l’une des situations où chaque seconde peut compter. Quand les voies respiratoires sont obstruées, des lésions cérébrales peuvent intervenir après 90 secondes seulement; pourtant, peu de gens savent comment réagir alors que les enfants en bas âge sont particulièrement exposés.

«Les gouvernements peuvent adopter une position plus dynamique en promouvant l’éducation systématique aux premiers secours. Les politiques de formation obligatoire sur les lieux de travail, dans les écoles ou pour l’obtention du permis de conduite, par exemple, peuvent faire évoluer les choses, mais il convient de faire davantage encore afin de toucher les groupes vulnérables», note Pascal Cassan.

Un autre frein à la formation aux premiers secours réside dans le manque d’opportunités. Beaucoup de gens, notamment dans les régions en guerre ou affectées par des catastrophes, ont rarement l’occasion de s’initier aux techniques de base du secourisme.

«La sensibilisation aux premiers secours fait cruellement défaut parmi une multitude de communautés vulnérables au sein desquelles des notions même élémentaires de traitement des blessures ou, dans le pire des cas, de maintien des fonctions vitales, auraient pourtant un énorme impact», poursuit Pascal Cassan.

Les blessures et les problèmes que peut rencontrer un secouriste n’ont guère changé en 150 ans, mais les techniques et méthodes applicables pour sauver des vies ont évolué de manière spectaculaire, rendant indispensable une mise à jour régulière des connaissances et compétences.

A la suite d’une catastrophe, les volontaires communautaires formés aux premiers secours sont généralement parmi les premiers à intervenir. Ils sont sur le terrain, prêts en tout temps à assister les personnes dans le besoin. C’est un atout précieux pour les communautés qui sont ainsi en mesure d’agir immédiatement.

Et c’est en cela que les premiers secours sont plus qu’une simple discipline – ils sont aussi, avec les valeurs humanitaires qui les ont inspirés, un élément clé de la résilience communautaire à long terme. 




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